Blogue 111 : Freiner la pollution idéologique

David Rand

2019-09-02 — Mise à jour 2019-09-03

La Loi 21 ne discrimine personne. Elle n’exclut pas des personnes, mais seulement un comportement (porter des signes religieux) dans certains contextes.

La Loi 21 est comme les lois anti-tabac. Ce sont toutes des mesures anti-pollution. Les lois anti-tabac ne discriminent pas les fumeurs. Elles ne font qu’interdire un comportement — fumer — dans certains endroits ou certains contextes. Les fumeurs comme les non-fumeurs ne sont pas interdits, nulle part, mais personne ne peut fumer dans ces contextes particuliers.

Le racisme, c’est inacceptable car c’est un préjugé contre un groupe de personnes pour ce qu’elles SONT, par exemple pour leur ethnicité, des attributs qu’elles ne peuvent changer. Mais on peut très légitimement critiquer des personnes, voire un groupe de personnes, pour ce qu’elles FONT, car elles peuvent changer leur comportement.

Si la Loi 21 était raciste, comme prétendent malhonnêtement ses ennemis, alors les lois anti-tabac seraient aussi « racistes » car celles-ci discrimineraient les fumeurs, ce qui est faux, comme je viens d’expliquer.

L’appartenance religieuse n’est pas une qualité innée de la personne. C’est une opinion ou une idéologie. Cela se change facilement. Mais dans ce débat, il ne s’agit même pas de la croyance ou de l’appartenance religieuses de la personne, mais seulement de sa façon de l’exprimer dans certains contextes. C’est encore plus facile à changer ! Un signe religieux s’enlève facilement avant d’aller travailler, sans atteinte à la liberté de religion de la personne. Comme une cigarette s’éteint très facilement avant d’entrer dans un restaurant, sans atteinte à la liberté de fumer ailleurs.

La Loi 21, comme les lois anti-tabac, est une mesure anti-pollution qui vise à améliorer la santé publique par une simple et raisonnable restriction sur un comportement polluant dans certains endroits.

Les gens qui accusent la Loi 21 d’être « raciste » sont incompétents d’en discuter — que ce soit discuter de cette loi ou discuter du racisme.

Finalement, si une personne refuse de s’abstenir de fumer au resto, ce n’est pas la loi qui exclut cette personne. Au contraire, elle s’exclut elle-même de par son comportement inacceptable. De même pour un porteur de signes religieux qui refuse de l’enlever pour un emploi où les signes sont interdits. La personne — non pas la loi — est responsable de son comportement.

Il y a bien sûr des différences importantes entre les lois anti-tabac et la Loi 21. Cette dernière est beaucoup moins restrictive que les lois anti-tabac. L’interdiction des signes religieux ne s’applique qu’à un sous-ensemble des employé(e)s de l’État, au travail dans les institutions civiques. Elle ne s’applique pas à tout le personnel. Elle ne s’applique à personne en public en dehors des institutions civiques. (La portée de l’interdiction des couvre-visage est plus large.) Mais les lois anti-tabac s’appliquent à tout le monde à l’intérieur de presque tous les espaces publics (et non seulement les institutions civiques), et même à l’extérieur près des entrées.

La fumée du tabac constitue de la pollution physique, remplissant l’air de particules minuscules partiellement brûlées qui peuvent causer de graves maladies pulmonaires. Les signes religieux constituent de la pollution idéologique, faisant la promotion de la misogynie, de l’athéophobie, de l’homophobie, de la violence sectaire et de la théocratie (et cette promotion se fait passivement, peu importe la mentalité des personnes qui les portent). La pollution idéologique est bien plus insidieuse que la pollution physique. S’il y a des lecteurs qui s’offusquent de mon utilisation du mot « pollution » dans le présent texte, je leur rappelle que les signes religieux sont très offensants, aussi injurieux que les symboles politiques d’extrême-droite les plus odieux.

Tout fumeur qui respecte le désir d’autrui de respirer de l’air propre respectera les lois anti-tabac. Toute personne qui porte un signe religieux et qui respecte la liberté de conscience d’autrui, autant que la sienne, comprendra la nécessité de la Loi 21 et respectera l’interdiction des signes religieux que cette loi stipule.

Un commentaire sur “Blogue 111 : Freiner la pollution idéologique
  1. Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    « Un signe religieux s’enlève facilement avant d’aller travailler, sans atteinte à la liberté de religion de la personne. »

    Si on lui demande de l’enlever, alors ça atteint sa liberté de religion, tout comme si on demande à un fumeur de ne pas fumer dans certains endroits, ça limite sa liberté de fumer.

    Il faut reconnaître que la liberté est limitée, même si cette limitation est justifiée.

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