« La face cachée du cours Éthique et culture religieuse »

Daniel BARIL et Norman BAILLARGEON (dir.),
Leméac, Montréal, 2016

Recension par Pierre Thibault

La face cachée du cours ÉCR

La face cachée du cours Éthique et culture religieuse est un recueil de texte sur le sujet par différents auteures y explorant différents aspects. Soit :

  • « Un cours conçu pour préserver des privilèges religieux historiques », Marie-Michelle Poisson
  • « Les visées multiculturalistes du cours Éthique et culture religieuse », Joëlle Quérin
  • « Les vertus antiphilosophiques du cours ECR », François Doyon
  • « Vous avez dit « approche culturelle » », Daniel Baril
  • « Stéréotypes sexistes et stéréotypes culturels dans les manuels d’ECR du primaire », Nadia El-Mabrouk et Michèle Sirois
  • « Enseignement du fait religieux en France, solution au cul-de-sac ? », Sylvie Midavaine
  • « L’esprit déductif des enfants entravé par le cours ECR », Daniel Dulude
  • « Des brèches ouvertes par la Cour suprême », Daniel Baril
  • « Prévenir la radicalisation chez les jeunes », André Gagné
  • « Apprentissage de la pensée critique dans les écoles secondaires de l’Ontario », Christopher DiCarlo
  • « Enseigner la morale », Normand Baillargeon
  • « L’enregistrement du programme d’éthique par la pratique du dialogue philosophique », Mathieu Gagnon, Stéphane Marie et Sébastien Yergeau

C’est un ouvrage bien articulé et étoffé sur le sujet qui couvre différents axes comme vous pouvez le constater par ce résumé de la table des matières.

Selon les auteurs, tout porte à penser que ce cours n’existe que dû aux pressions d’un lobby religieux politique sur le gouvernement du Québec. On y présente ce cours comme étant très stéréotypé ne présentant qu’à peu près que les croyants radicaux. Les athées, les laïques et les personnes religieuses non pratiquantes sont essentiellement absentes même si elles représentent environ 80% de la population. C’est un cours qui présenterait un monde où tout va bien avec les religions : tout le monde s’entend bien ensemble et il n’y aurait pas de misogynie ni d’homophobie ni de ségrégation. Le cours inviterait à ne pas critiquer la religion car, il s’agirait d’un manque de respect face à l’autre. S’il n’agit pas d’endoctrinement, on y est certainement très proche.

Le cours texte de Daniel Dulude, « L’esprit déductif des enfants entravé par le cours ECR », m’a beaucoup touché. Ainsi, sa fille y aurait appris que tout le monde a une religion et que la critique de celle-ci serait une forme de méchanceté. Le texte d’André Gagnon, « Prévenir la radicalisation chez les jeunes », tend à confirmer ce méfait. Plus précisément que le cours ECR en provoquant une dissonance cognitive créerait un mal-être à accepter le réel pouvant pousser une personne à adhérer à une idéologie extrémiste sans regard critique. S’attaquant aux enfants avant même qu’ils aient appris à penser, le cours ECR pourrait donc être une nuisance importante au bien être de la population québécoise.

Dans « Des brèches ouvertes par la Cour suprême », Daniel Baril, fait une intéressante analyse de jugements légaux. Il y aurait de l’espoir pour nous laïques (et sans doute encore beaucoup de travail à faire).

Un autre texte que j’ai bien aimé est celui de Christopher DiCarlo : « Apprentissage de la pensée critique dans les écoles secondaires de l’Ontario ». Ce texte a été traduit de sa version originale en anglais. Cet enseignement semble généré beaucoup d’enthousiasme. Souhaitons que cet engouement puisse rejoindre bientôt le Québec.

Le livre fait 290 pages. C’est beaucoup de contenu et c’est sans doute trop court pour le sujet. Néanmoins un excellent ouvrage qui apporte beaucoup de lumière sur un cours que sans doute beaucoup aimeraient garder dans l’ombre.

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