Actualités : Fin du délit de blasphème en Alsace-Moselle

La fin du délit de blasphème en Alsace-Moselle, Patrick Perotto, L’Est républicain, 2016-01-06

On peut désormais jurer ses grands dieux dans les trois départements de Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « Même si les dispositions de l’article 166 du code pénal allemand réprimant le délit de blasphème n’ont jamais été expressément abrogées par le législateur, cet article n’est aujourd’hui plus applicable sur notre territoire ». Si en France, ce délit avait été aboli en 1881, en Alsace-Moselle, il figurait encore dans l’arsenal répressif, puisqu’il avait été intégré au droit local en 1919. Bien qu’il n’ait jamais été appliqué depuis, ce texte précisait que « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement Dieu par des propos outrageants sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus ».

[…] le ministère de la Justice vient donc de mettre fin à ce sujet à controverse, applicable uniquement en Alsace-Moselle. […] « tombé en désuétude », le délit de blasphème doit « être regardé comme implicitement abrogé car contraire aux principes fondamentaux de notre droit ».

Avec cette précision, dorénavant le délit de blasphème n’existe nulle part en France.

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Actualités : Charlie Hebdo marque l’anniversaire de l’attentat

Un an après l’attentat, un Dieu assassin à la « une » de « Charlie Hebdo », Le Monde, 2016-01-04

Un an après l’attentat qui avait décimé sa rédaction, Charlie Hebdo sort mercredi 6 janvier un numéro spécial avec en « une » un Dieu barbu, armé d’une kalachnikov et à l’habit ensanglanté, sous ce titre : « Un an après, l’assassin court toujours ».

[…]

Le numéro de mercredi comprend un cahier de dessins posthumes des disparus—Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré—et des contributeurs extérieurs dont la ministre de la culture Fleur Pellerin, des comédiennes comme Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Juliette Binoche, des intellectuels et écrivains tels qu’Elisabeth Badinter, la Bangladaise Taslima Nasreen, l’Américain Russell Banks, et le musicien Ibrahim Maalouf.

[…]

Le dessinateur Riss, patron du journal, grièvement blessé le 7 janvier, y signe un éditorial rageur pour défendre la laïcité et dénoncer les « fanatiques abrutis par le Coran » et « culs-bénits venus d’autres religions » qui avaient souhaité la mort du journal pour avoir « os[é] rire du religieux » […]

Charlie Hebdo, couverture du no 1224
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Pour marquer le premier anniversaire de l’attentat du 7 janvier 2015—lors duquel deux commandos islamistes ont fait 12 morts, y compris huit membres de la rédaction de la revue—Charlie Hebdo sort un numéro spécial le 6 janvier 2016, avec la couverture que voici.

Cette image de couverture dérange, mais elle est très pertinente. Effectivement, c’est la croyance en le « Dieu » des monothéismes—un dieu qui ordonne la violence meurtrière comme un devoir—qui est à l’origine de la folie du djihadisme.

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Actualités : Le CPRMV se distancie d’un chercheur

Texte controversé sur le Québec: un centre antiradicalisation se distancie d’un chercheur, Gabrielle Duchaine et Vincent Larouche, La Presse, 2015-12-19

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a mis un terme à sa collaboration avec un de ses chercheurs cette semaine, en raison de sa contribution à un texte qui qualifiait le Québec de «province particulièrement islamophobe» dans le Toronto Star. Hicham Tiflati, chercheur avec le Consortium interuniversitaire pour les études arabes et moyen-orientales à l’Université de Montréal et l’Université McGill et doctorant à l’UQAM, faisait partie jusqu’à il y a quelques jours de l’équipe du centre contre la radicalisation mis sur pied au début de l’année par la Ville de Montréal. La semaine dernière, son nom est apparu comme cosignataire d’une lettre ouverte intitulée «Le Québec doit faire face à son problème d’islamophobie», dans le Toronto Star.

[…]

Ces propos ont causé un malaise au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de la province. «C’était inapproprié et exagéré, croit le directeur du centre, Herman Deparice-Okomba. Il y a du racisme partout. Ce n’est pas vrai de dire que c’est pire ici qu’ailleurs. On a décidé d’un commun accord avec l’employé de mettre un terme à notre collaboration.» […]

Le départ de Hicham Tiflati du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) est une bonne nouvelle car cet individu a apparemment des sympathies islamistes. Tiflati travaille pour l’école Le Savoir liée aux Frères musulmans et dont le projet éducatif est soutenu et financé par un gouvernement islamiste. De plus, ses propos au sujet du massacre chez Charlie Hebdo en janvier 2015 sont des plus douteux.

D’ailleurs, le Rassemblement pour la laïcité a déjà écrit au maire de Montréal Denis Coderre, quelques semaines avant le départ de monsieur Tiflati, afin d’exprimer ses inquiétudes devant le fait que des individus ayant de tels penchants oeuvrent dans un centre dont le mandat est de prévenir la radicalisation.

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Actualités : La Nouvelle Zélande permet le mariage pastafarien

Le pastafarisme est un humanisme. Laïcité pour tous ou pour personne, Cyril Bennasar, CAUSEUR.fr, 2015-12-23

Le 10 décembre, le gouvernement de Nouvelle-Zélande a reconnu le droit pour l’Église pastafariste de célébrer des mariages tout à fait officiels, même gays, en autorisant les époux à porter pendant la cérémonie, ce que leur foi leur commande : une passoire sur la tête.

Le pastafarisme est la religion de ceux qui croient que l’univers fut créé par un monstre spaghetti volant totalement ivre, ce qui expliquerait que l’humanité soit bourrée de défauts, ou encore qu’il y ait au paradis un volcan à bière alors que celle qu’on trouve en enfer est éventée. Attention à ne pas confondre le pastafarisme avec le rastafarisme qui est la religion de ceux qui ont tellement fumé qu’ils croient qu’ils sont juifs et que c’est une bonne nouvelle. J’en vois qui rigolent. C’est normal. Sur la question des croyances plus que sur toutes les autres, on a du mal à balayer devant sa porte la poutre qu’on a dans l’œil.

[…]

On se moque des nouvelles croyances alors qu’on ferait tout aussi bien de se foutre des vieilles. Mais on se retient devant ces religions qui ne doivent leurs respectabilité qu’à leur ancienneté et au nombre de leurs ouailles. S’il n’y avait pas sur terre des centaines de millions de bouddhistes, prendrait-on au sérieux la spiritualité de ceux qui s’empêchent d’écraser les mouches à merde de peur de tuer une deuxième fois leurs grands-parents ? Et si l’Islam n’était pas pratiqué par plus d’un milliard d’humains, qui sait s’il ne serait pas traité par le reste de l’humanité comme une secte dangereuse et interdit partout ou les gens sont libres et entendent le rester ?

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Actualités : Corrélation négative entre religiosité et altruisme chez les enfants

Selon une étude récemment publiée dans la revue scientifique Current Biology, les enfants de parents religieux ne sont pas plus altruistes que les enfants de parents athées. Au fait, les résultats tendent à confirmer le contraire.

The Negative Association between Religiousness and Children’s Altruism across the World (La corrélation négative entre religiosité et altruisme chez les enfants à travers le monde), Jean Decety et al., Current Biology, 2015-11-16

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N.B. : Les auteurs qui font référence aux « enfants religieux » ou aux « enfants athées » commettent une erreur grave mais malheureusement assez répandue. Ils collent aux enfants l’étiquette de la religion ou de l’irreligion de leurs parents. Il ne faut jamais ainsi étiquetter les enfants, car ceux-ci n’ont pas encore atteint l’âge nécessaire pour prendre ce genre de décision.

Actualités : Daech et la théologie du viol

Daech, la religion du viol, Le Parisien, 2015-08-17

C’est une enquête du « New York Times » qui fait froid dans le dos. Selon le quotidien américain, qui a entendu des dizaines de témoins, le groupe Etat islamique qui sévit en Irak et en Syrie a fait du viol de prisonnières une pratique codifiée, argumentée religieusement et organisée de façon administrative. Une véritable machine à broyer.

Tout a commencé en août 2014, lorsque les jihadistes se sont emparés du mont Sinjar, au nord de l’Irak. Après avoir exécuté les hommes et les adolescents de la minorité yézidie—religion particulièrement inférieure aux yeux de ces ultra-radicaux sunnites—, les femmes et les jeunes filles ont été embarquées dans des bus, puis enfermées dans des entrepôts, des bâtiments, de sordides maisons closes où les combattants de passage les violent systématiquement.

« Pour les gérer, l’Etat islamique a développé une bureaucratie détaillée d’esclavage sexuel, incluant des contrats de vente notariés. La pratique est devenue un outil de recrutement pour attirer les hommes de sociétés musulmanes très conservatrices, dans lesquelles le sexe est tabou et le fait de se fréquenter interdit », écrit le quotidien, qui a recensé 5 270 femmes yézidies enlevées, dont 3 144 sont toujours captives. Certaines se sont échappées, d’autres ont été rachetées par leurs familles au prix fort.

Voir aussi :

Le saviez-vous ? Youssef al-Qaradâwî avoue que l’islam ne peut survivre sans la peine de mort pour apostasie

Youssef al-Qaradâwî Saviez-vous que Youssef al-Qaradâwî, théologien islamique égyptien et éminent théoricien chez les Frères Musulmans, a fait la déclaration suivante ?
« Si on avait supprimé la peine de mort contre ceux qui quittent l’Islam, l’Islam n’existerait plus aujourd’hui. L’Islam aurait disparu dès la mort du Prophète, que la paix soit sur lui. Condamner l’apostasie, c’est ce qui a permis de garder l’Islam jusqu’à nos jours. »

Références :


Le saviez-vous ? Athéna fournit des informations juridiques au sujet du marriage forcé, de la violence conjugale, etc.

Saviez-vous que le site web Info juridique Athéna fournit d’importantes informations au sujet du marriage, de l’union civile, du marriage forcé, de la violence conjugale, de la violence basée sur l’honneur, etc. au Québec. Par exemple :

LE MARIAGE FORCÉ

Le mariage forcé n’est pas toléré au Canada. La loi vous accorde certains droits et impose des obligations afin d’assurer que lorsque vous vous mariez, c’est parce que VOUS le voulez. Bien que l’approbation de votre famille et de votre communauté puisse être un facteur très important lorsque vous décidez de vous marier, la décision demeure ultimement la votre- C’est votre choix! Le mariage est un engagement à long terme, et vous devez être sûre de partager les mêmes valeurs que votre futur mari.

POURQUOI DOIS-JE CONNAÎTRE LA LOI EN MATIÈRE DE MARIAGE ?

La connaissance de vos droits peut vous permettre de mener une vie heureuse avec le partenaire de votre choix.

RESSOURCES

Il y a plusieurs organismes communautaires, maisons d’hébergement, cliniques d’informations, et lignes téléphoniques d’assistance disponibles pour vous aider dans ce genre de situations difficiles. Cette section sert à vous donner un aperçu sur la question du mariage forcé, et à vous guider dans les différentes ressources qui s’offrent à vous.

Référence :
Info juridique Athéna Info juridique Athéna


Actualités : La cour européenne valide l’interdiction du voile

Interdiction du voile jugée valide par la Cour européenne des droits, Pierre Trudel, Journal de Montréal, 2015-11-26

Dans une décision préliminaire unanime rendue jeudi, la plus haute juridiction européenne en matière de droits de la personne a jugé valide l’interdiction prévue dans la législation française de porter le voile musulman.

Une citoyenne française contestait le non-renouvellement d’un contrat de son travail d’assistante sociale dans un centre hospitalier en raison de son refus de s’abstenir de porter le voile reflétant ses croyances religieuses. Elle invoquait que cela contrevenait à la liberté de religion garantie dans la Convention européenne des droits.

Les autorités françaises considèrent le port du voile comme une manifestation ostentatoire de la religion incompatible avec l’obligation de neutralité des agents publics dans l’exercice de leurs fonctions.

L’État français se fonde sur le principe de laïcité, au sens de l’article 1 er de la Constitution française. Il invoque aussi le principe de neutralité qui en découle. Se fondant sur ces principes, les tribunaux nationaux de France avaient estimé que la loi française visait à garantir le caractère laïc de l’État et de protéger ainsi les patients de l’hôpital de tout risque d’influence ou de partialité au nom de leur droit à leur propre liberté de conscience.

Si seulement le Canada pouvait enchâsser le « principe de laïcité » ainsi que « le principe de neutralité qui en découle » dans sa constitution !

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Actualités : Le Sénégal interdit la burqa

Le Sénégal interdit la burqa, Hortense Nicolet, Le Figaro, 2015-11-20

Le gouvernement sénégalais a annoncé mardi 17 novembre l’interdiction du port de la burqa. Cette mesure est destinée à lutter contre le nombre croissant d’attaques terroristes perpétrées par le groupe islamiste Boko Haram. Le Tchad, le Cameroun et le Gabon ont déjà pris des mesures limitant son port.

C’est pour des raisons de sécurité nationale et pour faciliter les contrôles identitaires que le gouvernement sénégalais aurait décidé d’interdire le niqab. Selon FranceTvInfo, le président du pays, Macky Sall, a déclaré mardi 17 novembre : « Le port du voile intégral ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à notre conception de l’islam ». Avant d’ajouter qu’il fallait « le courage de combattre cette façon excessive d’imposer une manière d’être » et qu’il ne pouvait pas « accepter qu’on nous impose des modèles d’habillement venus d’ailleurs ».

[…] Le premier ministre, Abdallah Daouda Diallo n’a pas hésité à préciser que l’État serait « intransigeant » quant à cette nouvelle mesure, dans un pays à 95% musulman.

[…] le Sénégal n’est pas le premier pays à avoir choisi de bannir le port du niqab. Le Tchad, dont la population est à plus de 50% musulmane, a appliqué cette réglementation dès le 17 juin 2015. Le voile intégral est désormais interdit dans tous les lieux publics et sur toute la superficie du pays. Le Nigeria ainsi que le Cameroun ont également pris cette décision suite aux attaques terroristes de Boko Haram. Au Gabon, depuis le 14 juillet 2015, toutes les personnes voilées intégralement dans un espace public sont systématiquement contrôlées.

Mais pas le Canada. Même pas dans des cérémonies d’assermentation ! Nous sommes beaucoup trop bien-pensants, multiculturels. Nous sommes tolérants au point de tolérer l’intolérance et l’intolérable. Pas de problèmes de sécurité au Canada, nous assure le ministre Goodale. Mais est-ce que cela nous rassure vraiment ?

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Actualités : Jacques Fremont propage le mythe de l’« islamophobie »

Les Québécois et leur mauvais rapport à la religion : à propos d’un sondage (1), Mathieu Bock-Côté, Journal de Montréal, 2015-11-03

[…] la toujours vertueuse Commission des droits de la personne, qui veille sur l’âme québécoise et sa tentation «xénophobe» a présenté récemment les résultats d’un sondage qu’elle veut nous faire croire effrayants: les Québécois seraient dévorés par l’intolérance religieuse. […]

Mais voyons-voir ce qui effraie Jacques Frémont, le président de la CDPDJ. La CDPDJ nous apprend que 43% des Québécois seraient méfiants envers le simple fait d’avoir des convictions religieuses. Ils se méfient de la religion en elle-même. On peut certainement voir là l’héritage de la Révolution tranquille et du traumatisme laissé par la plus mauvaise part du catholicisme dans la conscience collective. On pourrait aussi y voir une forme d’athéisme conséquent. La CDPDJ préfère pourtant y voir de l’intolérance religieuse et un refus de la tolérance. N’est-il pas légitime pourtant, même si c’est une position très discutable, d’être méfiant envers la religion en elle-même?

De même, 48,9% des Québécois confessent un malaise à l’idée de recevoir un service d’une femme portant un hidjab. […] la CDPDJ […] préfère y voir la trace indéniable de l’islamophobie qui partout, gagnerait du terrain en Occident. […]

Il y a pourtant un hic. Une telle montée de «l’intolérance» devrait s’enregistrer dans les plaintes faites à la CDPDJ. Ce n’est pas le cas. Elles sont apparemment en baisse. Jacques Frémont s’en réjouit-il? Non! Il s’en désole! Cela veut dire pour lui que les discriminés se taisent! Car il a un tour de passe-passe conceptuel: c’est justement parce que les gens ont peur qu’ils ne portent pas plainte. Ils associent la CDPDJ à la société majoritaire et conséquemment, s’en détournent. Moins il y a de plaintes, et plus cela confirmerait l’intolérance de la société envers ses minorités: elles n’oseraient même plus protester contre leur mauvais sort.

Être antireligieux n’est pas un défaut. Les religions sont des idéologies dangereuses, voire odieuses. Si la personne antireligieuse s’informe bien et exprime son antipathie pour les religions de façon cohérente et raisonnée, alors c’est plutôt une vertu. En particulier, le mythe de l’« islamophobie », c’est que la peur de l’islam serait irrationnelle et à réprouver. Au contraire, avoir peur de l’islam, surtout de ses variantes radicales comme l’islamisme, c’est la prudence la plus élémentaire.

L’idée de Jacques Frémont—que l’« islamophobie » serait un sérieux problème au Québec et que la baisse des plaintes en est la preuve—est un cas classique d’une hypothèse non falsifiable. Si le nombre de plaintes était stable ou à la hausse, Frémont dirait probablement la même chose : que l’« islamophobie » est un gros problème. Donc quoiqu’il arrive, rien ne peut infirmer son hypothèse.

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Actualités : Attaque contre des défenseurs de la laïcité au Bangladesh

Attaque contre des défenseurs de la laïcité au Bangladesh, Le Devoir, 2015-11-03.

Une série d’attentats contre des éditeurs qui défendent la laïcité se sont produits samedi au Bangladesh. Le 31 octobre, l’éditeur Faisal Arefin Dipa (Jagriti Publications) a été assassiné dans son bureau à Dacca au Bangladesh, quelques heures après un attentat dans une autre maison d’édition (Suddhaswar), qui avait laissé trois défenseurs de la laïcité — un éditeur, un blogueur et un poète — grièvement blessés, selon différentes sources.

Ahmedur Rashid Tutul, éditeur d’un écrivain athée, le blogueur défenseur de la laïcité Ranadipam Basu, et Tareq Rahim, un jeune poète laïc, ont été attaqués par des inconnus au siège de la maison d’édition Shuddhaswar à Dacca. M. Tutul était le propriétaire de la maison d’édition Suddhaswar, qui a publié les livres d’Avijit Roy et de plusieurs autres jeunes écrivains défenseurs de la laïcité. Blogueur américain d’origine bangladaise, Avijit Roy avait été assassiné en février à Dacca.

L’Union internationale des éditeurs a demandé officiellement lundi 2 novembre que le gouvernement du Bangladesh protège les éditeurs et punisse les auteurs de cette attaque cruelle. « Ce sont des actes barbares » explique l’UIE qui « menacent la liberté de publier ».

[…]

Au moins quatre blogueurs athées ont été assassinés cette année au Bangladesh par des islamistes présumés. Bon nombre de blogueurs qui défendent la laïcité sont passés dans la clandestinité et signent sous des pseudonymes. D’autres ont fui à l’étranger. Les militants laïcs accusent les islamistes d’avoir une liste noire des personnes à abattre.

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Actualités : Les islamo-conservateurs aux commandes en Turquie

Les islamo-conservateurs aux commandes, Florence Sara G. Ferraris, Le Devoir, 2015-11-02

Le parti du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, le Parti de la justice et du développement (AKP), a remporté dimanche haut la main les législatives et a regagné, contre tous les pronostics, sa majorité, à peine cinq mois après l’avoir perdue. Il reprend ainsi la tête d’un pays plus divisé que jamais. […]

« La peur de l’instabilité en Turquie ajoutée à la stratégie d’Erdogan se posant en “homme fort qui peut vous protéger” l’ont emporté », a commenté l’analyste Soner Cagaptay, du Washington Institute, sur Twitter. […]

Le chef de file du HDP prokurde, Selahattin Demirtas, a concédé avoir cédé du terrain par rapport à juin, mais dénoncé une élection « injuste », disputée sous la menace djihadiste. « C’est une grande victoire tout de même », a-t-il ajouté. « Nous avons perdu un million de voix, mais nous sommes restés debout face aux massacres [commis par le pouvoir] et au fascisme. » […]

La victoire de dimanche est une revanche éclatante pour Recep Tayyip Erdogan, surtout après le revers retentissant du 7 juin dernier, où son parti avait perdu le contrôle total qu’il exerçait depuis 13 ans sur le Parlement. […]

Une bien mauvaise nouvelle, étant donné la soif de pouvoir concentré d’Erdogan et les tendances islamo-intégristes de son parti.

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Actualités : Prosélytisme religieux, conséquence de l’austérité

Prosélytisme religieux comme une conséquence de la politique d’austérité du gouvernement libéral, Ali Kaidi, 2015-10-31

La politique d’austérité du gouvernement Couillard qui contraint les commissions scolaires à couper dans les services ouvre la porte au retour du religieux aux écoles publiques et remet en question le principe de neutralité guidant leur mission.

Ce qui se passe aujourd’hui à l’école secondaire Jeanne-Mance témoigne d’une dérive de la politique du gouvernement libéral. En effet, cette école pour des raisons purement pécuniaires loue à l’église du Plateau Mont-Royal, dirigée par le pasteur Bradley Morrice, un de ces locaux déjà depuis la fin du mois de septembre. C’est tout à fait normal que cette église exploite cette brèche ; elle ne rate pas l’occasion de sa présence au sein de l’école pour offrir ses services bénévolement, afin de combler des tâches que l’école n’arrive pas à assurer aux élèves à cause des coupes budgétaires dans le secteur de l’éducation.


Jeter le bébé avec l’eau du bain, Michèle Ouimet, La Presse, 2015-11-01

Les groupes religieux pourraient profiter de leur présence dans une école pour se donner un vernis de crédibilité. Les jeunes sont malléables et influençables, ne l’oublions pas. […]

Le Québec a eu toutes les misères du monde à sortir la religion de l’école. On ne va tout de même pas la laisser entrer de nouveau par la porte de derrière sous prétexte que les commissions scolaires sont affamées. […]

Le désengagement de l’État a un prix. Les écoles, désespérées, sont prêtes à accepter de l’aide, peu importe d’où elle vient. Il serait plus sage de refuser tous les groupes religieux, que ce soit pour leur louer des locaux ou accepter leur aide, […]


Les religieux sont souvent très prêts à « aider », à condition que cette situation leur donne accès à des gens facilement influençable, comme les enfants, les pauvres, les malades, etc.

Actualités : Nabila Ben Youssef Fustige Françoise David

Nabila Ben Youssef s’en prend à Françoise David avec verve (avec vidéo), Éric Grenier, Journal de Montréal, 2015-10-07

L’humoriste Nabila Ben Youssef pète un solide plomb dans sa page Facebook à l’endroit de la député de Québec Solidaire Françoise David et de sa motion dénonçant l’islamophobie au Québec, adoptée la semaine dernière à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Une motion que la drôle de dame qualifie de «débile».

[…] Ben Youssef accuse Françoise David d’être à l’origine de la montée du racisme et d’empêcher les esprits libres parmi les musulmans de lutter efficacement contre l’intégrisme.

«Est-elle tombée sur la tête?», demande l’humoriste dont le prochain spectacle s’intitule Islamophobe malgré moi.

Actualités : Mahomet, les discours haineux et l’islamophobie

Mahomet, les discours haineux et l’islamophobie, Nadia El-Mabrouk, Professeur à l’Université de Montréal, membre de l’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité, Huffington Post, 2015-10-07

Qu’ont en commun les quatre phénomènes suivants ?

  • Le projet de loi 59
  • La récente motion contre l’islamophobie proposée par F. David et adoptée par l’Assemblée Nationale
  • Le massacre en janvier 2015 chez Charlie Hebdo, perpétré par des islamistes
  • Le cours Éthique et Culture Religieuse dans les écoles québécoises

La professeure Mabrouk nous explique très bien les liens entre eux. Voici quelques extraits de son texte :

Les consultations sur le projet de loi 59 viennent juste de s’achever en commission parlementaire, après que la partie 1 sur les discours haineux ait été vivement décrié par de nombreux intervenants et dénoncée comme étant un moyen de bâillonner la critique des religions. En particulier, Fatima Houda-Pepin s’est dite «estomaquée» par ce projet de loi qui «protège les islamistes radicaux au lieu de protéger la société contre eux».

D’autre part, des juristes éminents comme Julius Grey et Julie Latour se sont alliés pour dénoncer un «canon législatif» qui confère des pouvoirs d’enquête et de répression sans précédent à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Il n’y a guère que les groupes se réclamant de l’islam, dont l’imam intégriste Salam Elmenyawi, qui se soient prononcés en faveur de cette loi. […]

Et voilà que l’Assemblée nationale vient de voter une motion contre l’islamophobie, un autre concept aussi confus que «discours haineux».

Un climat de censure et d’autocensure

À la suite du massacre des caricaturistes du journal satirique Charlie Hebdo par des islamistes, l’humoriste Lise Dion a retiré son monologue sur la burqa. Cette autocensure commandée par la peur peut aussi être le fruit de la rectitude politique, comme l’illustre […] le manuel scolaire […] pour la 5ème année du primaire du cours d’Éthique et Culture Religieuse (ÉCR).

[…]

Dans le cas de l’islam, les rédacteurs des manuels scolaires pour ce cours ont choisi de présenter une version rigoriste, en accord avec la tendance islamiste. Est-ce dû à l’ignorance et à l’absence de vision critique des concepteurs du cours et des manuels scolaires, ou bien à des conseillers adhérant à cette vision intégriste de l’islam?

Chose sûre, faire un choix pédagogique en faveur de la version rigoriste de l’islam n’est pas sans conséquence sur les jeunes enfants et sur le climat d’autocensure qui s’installe peu à peu au Québec. Le projet de loi 59 ne ferait qu’accentuer ce climat délétère pour la créativité et la liberté d’expression.

Considérer recevables par la Commission des droits de la personne des plaintes au sujet de représentations de Mahomet, comme cela a déjà été le cas en Alberta en 2006 pour la publication des caricatures danoises, reviendrait à conférer une légitimité morale aux auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo, une légitimation des propos tenus à l’effet qu’«ils l’ont bien cherché».

[…]

Montrer le visage de Mahomet n’est pas un discours haineux ni de l’islamophobie. Appeler au meurtre en raison d’une représentation de Mahomet, c’est bien cela le discours haineux.[…] Il ne faut pas confondre respect des croyants et respect des croyances. À moins que cette contrainte de respect des croyances ne soit imposée qu’à l’égard de l’islam? Va-t-on imposer à la population de ménager la susceptibilité d’une frange de croyants jugée plus frileuse face à la liberté d’expression? Si tel est le cas, c’est une attitude différentialiste à l’égard de l’islam, et paternaliste face aux musulmans. Ou alors serait-ce la peur qui pousserait au respect de cette injonction de non représentation de Mahomet imposée par des fondamentalistes dangereux? Il ne faut pas se faire d’illusions. Les menaces, les ultimatums et le chantage des intégristes ne s’arrêteront pas avec la fin de la représentation de Mahomet.

Actualités : Lettre ouverte d’AQNAL à Françoise David

L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité dénonce le geste de Françoise David

Nadia El-Mabrouk, pour l’AQNAL

Au nom de l’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (AQNAL), nous tenons à réagir à la motion que vous avez fait adopter à l’Assemblée nationale ce matin. Nous vous remercions de cette volonté d’appel à la cohésion sociale. Qui ne serait d’accord avec ce principe? Merci de rappeler également que les Québécois et Québécoises de confession musulmane, et d’ailleurs de toutes confessions, ou même sans confession, sont tous des citoyens du Québec. Lors de notre comparution à la commission parlementaire sur le projet de Loi 59, nous avons d’ailleurs insisté pour que nous soyons reconnus en tant que citoyens Québécois d’origines nationales diverses, et non en fonction de notre religion.

Nous constatons que, sous couvert de protection des minorités, vous faites des amalgames qui ne sont pas acceptables. En effet, si l’idée est de dénoncer le fait que l’assermentation à visage voilé prendrait trop de place dans les débats électoraux fédéraux, pourquoi alors ne pas parler uniquement du niqab dans cette motion? Quel lien avec le problème épineux et mondial des réfugié-es syriens, pour lequel d’ailleurs aucune solution politique simple n’existe, ni ici, ni ailleurs.

[…] ce qui nous choque encore plus c’est que vous ayez introduit, aujourd’hui, à l’Assemblée nationale du Québec, le mot islamophobie. Nous tenons à réagir sur l’utilisation erronée, abusive et non-fondée de ce terme. On lui doit l’une des confusions sémantiques et politiques les plus graves de notre époque : faire croire que résister au fanatisme relève du racisme. Or, c’est un concept fumeux, qui a été créé pour limiter toute vigilance envers l’Islamisme et intimider ceux qui critiquent cette idéologie.

Vous parlez ensuite d’augmentation du nombre de vidéos et de déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux. De quelles déclarations et vidéo parlez-vous exactement? Il y a sur les réseaux sociaux toutes sortes de discours à caractère haineux. Là encore, nous nous éloignons du niqab. Cependant, nous nous rapprochons de deux concepts clé que vous avez réussi à introduire à l’Assemblée nationale aujourd’hui : l’islamophobie et la lutte aux discours haineux. Voilà qui nous ramène au projet de Loi 59 qui a été décrié, presque à l’unanimité en commission parlementaire, comme un projet qui va à l’encontre des assises d’un pays libre est démocratique. Nombre de personnes et de groupes, dont nous-même, avons présenté des arguments à l’effet qu’une telle loi serait plus apte à protéger les islamistes radicaux qu’à protéger la société contre eux. Malheureusement, vous n’étiez pas présente, ni aucun autre représentant de votre parti, pour entendre nos préoccupations.

Mais ce qui nous choque encore plus c’est que vous ayez introduit, aujourd’hui, à l’Assemblée nationale du Québec, le mot islamophobie. Nous tenons à réagir sur l’utilisation erronée, abusive et non-fondée de ce terme. On lui doit l’une des confusions sémantiques et politiques les plus graves de notre époque : faire croire que résister au fanatisme relève du racisme. Or, c’est un concept fumeux, qui a été créé pour limiter toute vigilance envers l’Islamisme et intimider ceux qui critiquent cette idéologie. Plutôt que de s’en prendre à ceux qui ont peur de l’islam, il faudrait se tenir debout devant ceux qui créent cette peur, ceux qui manipulent la démocratie, qui utilisent les chartes du Canada pour faire avancer leur projet d’Islam politique. Il n’est pas difficile de voir que les femmes en niqab font partie de cette catégorie de citoyens qui provoquent les institutions du Québec et du Canada.

Au Québec, ce sont les Islamistes qui se disent victimes de rejet, qui refusent le mode de vie de la société d’accueil et culpabilisent toutes celles et tous ceux qui refusent leurs règles et qui critiquent leurs pratiques d’un autre temps. Ce sont eux, pas nous, pourtant provenant de la même sphère culturelle et religieuse, qui se disent victime d’islamophobie. La majorité des musulmans est victime collatérale, mais directe, de ce concept d’islamophobie.

Les Québécois sont interpellés et souvent outrés par des pratiques soi-disant religieuses, telles que le niqab. Ils observent qu’il s’agit plus de régression et de dérives pouvant faire dérailler le projet de société qu’ils développent et font évoluer depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles. Nous, citoyens Québécois de culture musulmane, sommes également outrés d’être associés à ces victimaires qui se disent parler en notre nom. Nous sommes outrés que vous parliez en notre nom en utilisant ce mot islamophobie. En traitant les Québécois de racistes et d’islamophobes, vous les insultez et vous nous insultez, nous aussi, citoyens Québécois de culture musulmane.

Merci Madame de ne plus parler en notre nom.

Nadia El-Mabrouk
Pour « Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité »


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Actualités : L’Arabie saoudite déshonore le Conseil des droits de l’Homme

Le Canada doit se retirer du Conseil des droits de l’Homme, André Sirois, Le Devoir, 2015-09-24

Depuis lundi, le panel du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU est présidé par l’ambassadeur de l’Arabie saoudite, Faisal bin Hassan Trad. On croit rêver et on en rirait si cela n’avait des conséquences aussi graves pour les droits de l’Homme en général et tragiques pour les victimes de violations de droit de la personne dans plusieurs pays, dont, au premier chef, l’Arabie saoudite.

Rappelons que le rôle principal du panel du Conseil est de nommer les cinq hauts fonctionnaires qui déterminent les normes internationales en matière de droits de la personne, de choisir les experts qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l’Homme dans différentes régions du monde et d’informer sur les violations des droits de la personne.

Il convient de rappeler que l’Arabie saoudite n’a jamais signé la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par l’ONU en 1948 et qu’elle est universellement condamnée comme l’un des pires pays, sinon le pire, pour ce qui est du respect des droits, à un point tel que ce pays n’aurait sûrement jamais dû être accepté comme membre du Conseil. […]

De plus, l’article 9 de la même résolution stipule que « les membres du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’Homme », ce qui disqualifie immédiatement l’Arabie saoudite.

Comment un pays qui, en lieu et place de la règle de droit, d’une Charte des droits et d’un Code criminel, fait appliquer par ses juges leur interprétation des règles religieuses de la charia, qui condamne aux peines les plus barbares, dont la décapitation pour le blasphème et les atteintes à la religion islamique (cela rappelle projet de loi 59 !), qui considère l’athéisme comme une forme de terrorisme, qui ne tolère aucune forme de contestation et qui refuse catégoriquement de reconnaître l’égalité hommes-femmes, etc. comment un tel pays, donc, peut-il siéger au Conseil des droits de l’Homme et y occuper un poste de cette importance ?

Cette nomination déshonore encore plus le Conseil, si c’était possible. Il n’a plus aucune crédibilité. Et le Canada doit absolument s’en retirer sans hésiter et réclamer son abolition. C’est le seul geste honorable à poser pour sauver ses principes et son honneur. Il faut donc que tous les candidats dans la présente campagne électorale se prononcent immédiatement pour ce retrait qui, j’en suis convaincu, devrait en entraîner d’autres.

Actualités : Le Mouvement laïque québécois dénonce le projet de loi 59

Audition, Mouvement laïque québécois (vidéo), représenté par Lucie Jobin, Daniel Baril et Michel Lincourt, devant la Commission des institutions, 2015-09-22, Assemblée nationale, Québec, Québec

(2:00) On se questionne sur la raison d’être et la veritable portée du projet de loi 59.

(5:38) Si ce n’est pas la critique des religions qui est visée, pourquoi on ne l’a pas dit clairement au départ. Alors on estime que tout projet de loi qui viserait à limiter le discours haineux devrait avoir une disposition qui spécifie clairement que la critique même radicale à l’égard des religions ne tombe pas sous le coup de cette loi.

(6:35) Le MLQ rejette la partie I de la loi parce que cette loi viole les libertés fondamentales protégées par la Charte, notamment la liberté de conscience et la liberté d’expression […] parce que cette loi propose des procédures de nature inquisitoriale. Pour le MLQ, la laïcité est l’objectif à atteindre. Or, le projet de loi va en sens inverse. Il propose d’instituer une inquisition basée sur la délation et menant à la censure. Une société laïque est une société qui s’est émancipée de la censure et d’autres formes de procès d’opinion. Ce sont les theocraties et les sociétés soumises à des diktats religieux qui briment la liberté de conscience, la liberté d’expression et qui instrumentalisent la censure comme le projet de loi 59 propose de le faire. Adopter la partie I du projet de loi 59 conduirait à une inacceptable régression […] Ce n’est pas en muselant la critique des religions qu’on va favoriser la lutte contre l’endoctrinement.

(8:30) Nous proposons une série de mesures — au-delà d’un projet de loi — pour contrer l’endoctrinement terroriste. Il faut d’abord viser la bonne cible. L’ennemi actuel c’est l’islamisme politique, ce n’est pas le citoyen qui en a peur. Il faut éliminer l’ambiguïté du discours gouvernemental. Que veut le gouvernement ? Est-ce qu’il veut instituer une théocratie ou est-ce qu’il veut instituer un État laïque ?

NOTE : La partie I du projet de loi 59 traite des « discours haineux » et des « discours incitant à la violence » tandis que la partie II a pour but de « renforcer la protection des personnes » et traite, entre autre, des mariages forcés.

Actualités : Le Rassemblement pour la laïcité dénonce le projet de loi 59

Audition, Rassemblement pour la laïcité (vidéo), représenté par André Lamoureux et Leila Bensalem, devant la Commission des institutions, 2015-09-22, Assemblée nationale, Québec, Québec

(1:45) Nous nous dissocions de la proposition visant à policer et sanctionner les discours haineux ou incitant à la violence. Nous avons beaucoup de réserves sur ces dispositions. Le RPL propose plutôt un certain nombre de recommandations visant à contrer et endiguer la montée de l’intégrisme au Québec, surtout l’intégrisme islamique, lui-même source, à notre avis, de discours haineux.

(2:30) À propos des discours haineux, nous sommes déçus de voir le virage de 180 degrés effectués par le gouvernement sur la question de l’intégrisme. En 2013, lors de son assermentation à titre de député d’Outrement, Philippe Couillard déclarait avec force vouloir poursuivre sans relâche les intégristes. Par la suite il s’est ravisé et la lutte contre l’islamisme s’est envolée en fumée. Le premier ministre a expliqué que l’intégrisme était une affaire privée et que cela ne nuisait à personne. Kathleen Weil a même indiqué que ça ne la dérangeait pas de travailler avec un intégriste. Pendant des mois les ministres ont martelé à l’unisson qu’il faudrait plutôt combattre l’islamophobie, la xénophobie, le racisme et les discours haineux, puisqu’ils seraient à la source des humiliations et des discriminations vécues par les musulmans, et par ricochet de la radicalisation des jeunes et moins jeunes vers l’islamisme et le djihadisme. Jacques Frémont a même prétendu sur les ondes de Radio-Canada qu’il y avait une montée de l’intolérance au Québec. Cela a donné lieu au projet de loi 59 qui vise à policer les discours haineux.

(5:00) Il faudrait que vous compreniez que l’expression « discours haineux » c’est tout particulièrement la rhétorique de la mouvance islamiste pour casser toute critique des ses dogmes rétrogrades. C’est sa marque de commerce. Mme Vallée, vous vous trompez de cible. Ce ne sont pas les discours haineux ou l’islamophobie qui sont la source de la stigmatisation ou la marginalisation des musulmans. C’est l’intégrisme, et tout particulièrement l’idéologie islamique qui avec leurs préceptes rétrogrades nourrissent des réactions légitimes de rejet parmi les citoyens québécois.

Actualités : Opposition majoritaire au niqab

La Boussole électorale : opposition majoritaire au serment à visage couvert, Radio-Canada, 2015-09-21

Les résultats des utilisateurs de la Boussole montrent une opposition majoritaire au serment à visage couvert : 72 % s’opposent à ce que les immigrantes prêtent le serment de citoyenneté à visage couvert; 19 % sont d’accord et 8 % sont neutres sur le sujet.

Les utilisateurs de la Boussole nés au Canada s’opposent à 75 % à ce que des immigrantes prêtent le serment de citoyenneté le visage couvert. Les immigrants sont contre à 68 %.

C’est au Québec que le désaccord est le plus marqué : 89 % des utilisateurs sont contre le fait de prêter serment le visage couvert.

Les informations présentées reposent sur les réponses de 13 930 personnes qui ont participé à la Boussole électorale entre le 17 septembre et le 18 septembre 2015. À la différence des sondages, les répondants de la Boussole électorale ne sont pas présélectionnés.

De toutes les provinces, l’opposition est la plus forte (89 %) au Québec. Le taux d’opposition parmi les immigrants est presqu’aussi élévé que chez les répondants nés au Canada.

Actualités : Un professeur refuse de porter un appareil pour des motifs religieux

MUN prof refuses to wear device for hearing disabled student, cites religious reasons (Un professeur à l’Université Memorial refuse, pour des motifs religieux, de porter un appareil pour aider un étudiant ayant une déficience auditive), Todd O’Brien and Geoff Bartlett, CBC News, 2015-09-16

À l’Université Memorial à St-Jean de Terre-Neuve, la professeure Ranee Panjabi refuse, pour des motifs religieux que nous ignorons, de porter un appareil qui aiderait l’étudiant William Sears, atteint d’une déficience auditive, à participer à ses cours.

Nous ne voyons pas pourquoi l’université serait obligée d’accommoder ces « motifs religieux ».

Actualités : Lancement de la Fondation Raif Badawi

La Fondation Raif Badawi pour la liberté

Fondation Raif Badawi

Le 11 septembre 2015, Des proches du blogueur Raif Badawi, dont sa femme Ensaf Haidar, ont lancé la Fondation Raif Badawi pour la liberté. À Berlin, à la Deutsche Welle à 10 h et ensuite, à Montréal.

À propos de la Fondation :

La FONDATION RAIF BADAWI POUR LA LIBERTÉ est un Centre démocratique pour la liberté
d’expression dans le monde arabe. Elle contribue à l’émergence de sociétés et de pays arabes libres par
des échanges intellectuels pacifiques et des interactions culturelles avec le reste du monde. La prise de
conscience des droits humains universels et leur réalisation sont au coeur de son action. La démocratie
et l’égalité des chances permettent une implication équitable dans les transformations politiques et
sociales. L’acceptation de la diversité dans tous les domaines est une condition préalable à une existence
paisible.

Voir aussi :

Actualités : Niqab — La Cour rejette l’appel d’Ottawa

La Cour rejette un appel d’Ottawa sur le niqab aux cérémonies de citoyenneté, Radio-Canada avec La Presse Canadienne, 2015-09-15

Le gouvernement fédéral vient d’essuyer un nouveau revers sur la question de l’interdiction du port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté.

La Cour d’appel fédérale a rejeté mardi l’appel déposé par Ottawa qui souhaitait renverser un jugement rendu par la Cour fédérale qui a déterminé que sa loi interdisant aux femmes de prêter serment en étant voilées est illégale.

La cause implique une femme d’origine pakistanaise de 29 ans, Zunera Ishaq, qui avait refusé de dévoiler son visage lors d’une cérémonie de citoyenneté en 2008, invoquant des principes religieux.

Une mauvaise nouvelle pour la laïcité. Un autre cas où le privilege religieux l’emporte sur la raison. Un accommodement déraisonnable.

Voir aussi :

Actualités: La FFRF condamne la circoncision rituelle incontrôlée

La FFRF condamne la décision du Conseil de santé newyorkais d’abandonner tout contrôle de la circoncision rituelle, FFRF (Fondation pour la liberté de s’affranchir de la religion), 2015-09-14

La FFRF ou Fondation pour la liberté de s’affranchir de la religion, association américaine prônant la séparation entre État et religions, s’insurge contre la décision du Conseil de santé de la ville de New-York d’abandonner les contrôles — déjà trop faibles — régissant la circoncision rituelle juive. Le Conseil a récemment décidé qu’il ne sera plus nécessaire d’obtenir le consentement des parents dans la situation où l’exécutant de la circoncision suce, avec sa bouche, du sang du penis coupé du nouveau-né. Pourtant, cette pratique peut exposer l’enfant à plusieurs maladies et problèmes médicaux comme l’herpès, l’encéphalite ou des lésions douleureuses chroniques.

La FFRF prône la prohibition de ce genre d’abus des enfants. La santé et la sécurité des bébés sans défense doivent être protégées.

Toute mutilation du corps d’un enfant, sans motif médical, doit être interdite. Les croyances religieuses ne justifient aucunement de tels abus.