Le ramadan : brutal et indigne de respect !

Fariborz Pooya

2017-06-18

Il y a deux semaines j’ai affiché sur Facebook un commentaire expliquant le Ramadan et le jeûne. Une jeune musulmane du Texas y a réagit, disant qu’elle désapprouvait le jeûne obligatoire, mais que nous devons tout de même respecter le geste volontaire de culte ; sinon, nous sommes intolérants. À mon avis, ce type de raisonnement, cette culture de respect, est problématique et constitue en effet un bouclier pour l’islamisme, là où les islamistes ne détiennent pas le pouvoir politique. Nous devons contester sans détour cet argument.

Permettez-moi de vous parler très franchement : je n’ai aucun respect pour le Ramadan ; au contraire, je le déteste. Voici mes raisons :

Le Ramadan est la période de l’année où les islamistes — lorsqu’ils détiennent le pouvoir — chasseront tout individu qui ose transgresser les règles religieuses pour le punir sévèrement. Cette règle obligatoire islamique s’applique, y compris dans les territoires sous le contrôle de l’État Islamique, dans la République Islamique de l’Iran, en Arabie Saoudite and dans beaucoup d’autres sociétés et communautés sous contrôle islamique. Le jeûne du Ramadan constitue, de fait, un des cinq piliers de l’islam est donc obligatoire. Parler d’un acte de culte volontaire n’est que hypocrisie et tromperie. Le jeûne du Ramadan est un moyen de contrôle social et s’y opposer en refusant ouvertement de jeûner est depuis toujours un acte de désobéissance et de dissidence dans de nombreux pays. Avant la montée de l’islamisme, ceux qui jeûnaient étaient considérés des gens du Moyen Âge ; les jeunes en particulier détestent l’hypocrisie du dogmatisme religieux. Sadegh Hedayat (1903-1959) par exemple, tout comme beaucoup d’intellectuels du Moyen-Orient dans la première moitié du XXe siècle, tournait en ridicule l’hypocrisie du jeûne islamique lorsqu’il a écrit, « Manger à votre faim durant toute l’année devant des gens affamés ne pose aucun problème. Mais il vous est interdit de manger devant ceux qui ont décidé de jeûner. »

En quoi ça te dérange...
Un manifestant Tunisien porte une pancarte : « En quoi ça te dérange si tu jeûnes et moi je mange ? »
lors d’une manifestation pour le droit de manger et de fumer en public durant le jour,
pendant le mois du Ramadan. (AFP)

En réalité, le Ramadan est un mois sombre dans beaucoup de sociétés et communautés ravagées par l’islam. Il est imposé par une « police du Ramadan » spéciale. Bon nombre de commerces sont obligés de fermer et de ne plus servir leur clientèle. La lutte quotidienne contre cette police spéciale est un nouvel aspect des sociétés qui souffrent actuellement sous le joug de l’islamisme.

Là où les islamistes ont moins de pouvoir, en particulier dans les sociétés occidentales, ils vous tromperont en déguisant la nature obligatoire du Ramadan sous un message de bienfaisance trompeur : on vous « demande » de respecter cette pratique en évitant de manger en présence d’une personne qui jeûne. Ils habillent ce jeûne obligatoire sous le masque du « respect pour un geste de culte volontaire ». Ce message est propagé avec insistance et toute objection est qualifiée d’intolérance. À mon avis, il est d’une importance capitale pour tout individu ou organisme qui se considère progressiste de résister à cette propagande et d’exposer la nature horrifique de cette règle islamique de jeûne obligatoire.

Je n’ai d’ailleurs aucun respect pour les politiciens sans vergogne — que ce soit la conservatrice Theresa May ou le socialiste Jeremy Corbyn ou le libéral Tim Farron, et tutti quanti en Amérique du Nord et en Europe — qui se pressent pour nous mentir à propos de la paix et l’amour du Ramadan. Le simple fait que tout ce tapage est si public indique qu’il ne s’agit nullement d’une affaire privée mais, au contraire, d’un montage ostentatoire public, une campagne agressive de contrôle de la pensée qui ne fait que consolider l’hégémonie des islamistes.

Le droit de jeûner ou de ne pas jeûner est un droit humain. Mais pendant que, dans toutes les sociétés et communautés sous contrôle islamique à travers le monde, les gens sont contraints à s’abstenir de manger et punis s’ils osent manger, quiconque se fait complice et facilite la culture du Ramadan est un charlatan qui mérite notre méfiance !

Je ne m’attarderai pas ici sur les conséquences nuisibles pour la santé de la surconsommation de nourriture avant l’aube et après le coucher du soleil, des conséquences qui, incidemment, montent en flèche durant le mois du Ramadan. J’aborderai cet aspect une autre fois.

Le Ramadan est brutal et indigne de notre respect !

À propos de l’auteur

Fariborz Pooya est né en Iran. Il a participé à la révolution de 1978-79 mais il a déménagé pour s’installer au Royaume-Uni en 1979. Il a étudié l’économie et la politique chez Oxford Brookes et au collège Birkbeck de l’Université de Londres. Il est fondateur de la Iranian Secular Society et un des membres fondateurs du Council of Ex-Muslims of Britain. Ses écrits et commentaires se concentrent sur la politique et le sécularisme. Il est également co-animateur et réalisateur du magazine télévisuel politico-social Bread and Roses TV. Fariborz Pooya sera conférencier cette année au Congrès international sur les libertés d’expression et de conscience qui se tiendra à Londres, Royaume-Uni, du 22 au 24 juillet 2017.

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