Blogue 010 : Accommodements

Accommodements déraisonnables

Denis Valiquette

Depuis quelques années, la pratique d’accommoder les croyances et traditions religieuses en obligeant les institutions publique à modifier leur fonctionnement normal est devenue très controversée au Québec. Cette pratique s’appelle souvent « accommodement raisonnables », mais cette expression est un oxymoron. Il serait plus exact de dire accommodement religieux, ou, comme Denis Valiquette nous l’explique dans ce volet de notre blog, accommodement déraisonnable.

Dans une école Montréalaise du quartier St-Michel, une élève de maternelle doit porter un casque antibruit parce que sa religion lui interdit d’écouter de la musique. A-t-on pensé à cet enfant qui a dû être ridiculisé par ses camarades de classe ? Cette élève sera mise à part et ne pourras communiquer avec ses camarades et sera isolée. Comment peut-on intégrer des immigrants de religion musulmane ou autres à la société Québécoise ? La musique fait partie de la vie sociale, elle est le reflet d’une communauté, d’un peuple et de sa culture. La musique peut détendre et avoir un effet apaisant. Une des façons de s’intégrer à la population Québécoise est d’écouter sa musique ou de s’exprimer par elle qui est un véhicule agréable pour apprendre la langue française, en passant.

On a dit que c’était un cas isolé. Faux, il y a de plus en plus d’accommodements déraisonnables au Québec et cela se fait sans le consentement du reste de la population. On nous impose l’obligation de suivre ces accommodements. Ils ont dit que ce n’était que provisoire car les années suivantes cet accommodement ne s’appliquerait pas. Alors pourquoi le faire cette année puisque de toute façon elle écoutera de la musique l’année suivante. Les Québécois ne devraient pas subir les règlements religieux. Malheureusement, les ministres qui ont une mollesse honteuse devraient considérer que les motifs religieux ne devraient pas entraver la liberté des uns par rapport aux autres.

Autre accommodement déraisonnable, c’est l’obligation dans les écoles primaires et secondaires de suivre des cours d’éthique et de culture religieuse. La religion n’a pas sa place à l’école. C’est dans le milieu familial que l’enseignement religieux devrait se faire ou dans un lieu de culte. Les parents, d’après moi, ont le droit de demander des exemptions à ces cours ; pourquoi, parce que ceux qui sont athées devraient avoir le droit de s’exempter de cours religieux pour le moment. C’est une atteinte à la démocratie. Ce qui serait mieux cependant, c’est qu’on abolisse carrément ces cours et les remplacer par des cours de civisme ou de méthodologie. Encore une fois on nous impose la religion dans les écoles. De toute façon qui me dit que ces cours seront donnés de façon équitable, qu’on ne privilégiera pas une religion plutôt qu’une autre ? Au nom du multiculturalisme on impose aux Québécois les demandes de certains immigrants en se foutant complètement de l’opinion des Québécois. L’identité de nos citoyens est réduite à être bafouée par les accommodements. La seule réponse à ce dilemme, c’est que la société devienne laïque et que tous les signes religieux soient bannis dans les lieux publiques, ainsi que l’enseignement.

La nourriture halal, voilà un autre accommodement déraisonnable. Tous les enfants d’un CPE de Montréal sont nourrit avec de la viande halal même si une minorité d’entre eux sont musulmans et cela depuis l’ouverture en 1988. Prétextant que cette nourriture était meilleure pour la santé. On n’y sert pas de porc non plus. Encore une fois on n’a pas demandé aux parents si cela leurs convenait. Certains parents se sont insurgés parce que la façon de tuer ces animaux est cruelle. On égorge les animaux et on les laisse mourir au bout de leur sang. Pour la mise à mort, la bête est positionnée en direction de la Mecque selon le rite halal. L’animal subit alors de la peur, du stress et de la douleur et on dit que cela donnerait de la viande de moins bonne qualité. Et tout ceci à l’insu des Québécois. Non seulement on oblige les Québécois d’accepter de force ces accommodements mais on ne les informe pas. Au Québec on préconise l’anesthésie ou l’étourdissement avant la mise à mort. Olymel produit des poulets pour les consommateurs de viande halal. Olymel dit que ses animaux sont insensibilisés avant la saignée. Plusieurs consommateurs voudraient que la nourriture halal soit identifiée dans nos supermarchés. Un vétérinaire a dit que lorsqu’on suspend un animal pour une bonne saignée il y a un refoulement, une sortie du tube gastro-intestinale. Ce qui pourrait être dangereux pour la maladie du hamburger. Je trouve qu’on devrait identifier la nourriture halal.

Le kirpan, c’est une arme. On défend au Canada de posséder une arme blanche, sauf qu’il y a eu une exception pour un étudiant. On permet cette arme dans une école mais je crois que dans un avion on ne le permettrait pas. Deux poids deux mesures. J’imagine que si un enfant à l’école décidait de se battre et d’utiliser son kirpan et de blesser ou de tuer un adolescent, il serait trop tard, mais on changerait probablement la loi.

Des Hassidim à Montréal ont bel et bien payé pour la pose de vitres teintées pour une salle d’entraînement au YMCA. Ils ne voulaient pas que leurs enfants voient les femmes en tenue sport. Encore une fois on nous a imposé un accommodement. Le YMCA aurait dû faire fi de cette demande au nom de la liberté de choix. Il n’y avait pas matière à l’indécence dans ce cas. Et cela n’en finit plus, il n’y a pas une année ou on ne fait pas face à ces revendications d’accommodements déraisonnables.

Prenez le cas des ambulanciers expulsés dans une cafétéria de l’hôpital général juif de Montréal financé par le gouvernement. Les ambulanciers avaient amené leurs sandwichs et l’hôpital les a obligés de quitter la cafétéria parce qu’aucune nourriture qui n’est pas casher n’est acceptée dans la cafétéria. Un hôpital est un lieu public et ne doit pas servir les intérêts d’une communauté religieuse.

On avait aussi accordé à un Sikh de ne pas porter un casque de sécurité mais la cour Suprême du Canada a jugé bon que le port du casque est une mesure de sécurité qui doit être respectée. Heureusement cette fois-ci on a pris la bonne décision.

Selon une des lois du Talmud et de la Torah on peut délimiter un espace par des murs ou des ficelles tendues entre des poteaux ou des arbres. Cette demande a été autorisée par un jugement de la cour supérieure du Québec. Pourquoi accorde-t-on un privilège à une communauté qui veut que la ville reconnaisse un lieu déterminé à caractère religieux ? La ville d’Outremont n’as pas à se plier au demande des Hassidim. C’est aux Hassidim eux-mêmes de changer leurs règlements s’ils trouvent que la Torah ou les lois du Talmud sont trop sévères.

Les Québécois n’ont plus à faire de concessions pour quelques religions que ce soit. A l’heure actuelle certaines minorités religieuses ont plus de droits que les Québécois d’origine. Je précise le « Québécois d’origine ». C’est un individu qui est né au Québec peu importe la nationalité de ses parents. Le gouvernement actuel ne répond plus au besoin de la population Québécoise. Toutes les discordes qui existent au Québec seraient évitées si on proclamait le Québec une société laïque. Les accommodements sont déraisonnables si on privilégie une communauté par rapport à une autre. L’inégalité entre les individus est le produit de l’injustice. Les lois devraient être plus précises pour ne laisser aucune ambiguïté. Malheureusement c’est à cause de ces accommodements que le racisme peut se développer. On vise certaines communautés d’être les responsables des malheurs de notre société.

On voit que la tension monte de plus en plus, à mesure qu’on fait des accommodements la population réagit. Les athées sont mis de côté, on ne leur demande pas leur avis. Qui va faire valoir les désirs des athées dans le milieu public, soit à la télé ou la radio ? Quel journaliste va s’intéresser à la question ? Pourtant on serait surpris de voir le pourcentage des athées dans notre société. Je suis athée et je me sens lésé parce qu’on ne m’accorde aucune attention de la part des médias. Ce sujet pour eux semble n’être d’aucune importance. Au gouvernement on évite la question, c’est quelque chose de tabou. Est-ce que tous les mouvements laïques au Québec vont dans la même direction ? Toutes les associations laïques sont-ils regroupées ? Je crois que ces associations devraient manifester davantage contre les accommodements.

On ne se sent presque plus chez soi dans notre province tellement il y a d’accommodements. On se sent bousculé, ignoré et mis de côté. J’espère qu’un jour nous seront une société laïque.


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