Déclaration sur le blasphème et l’apostasie

adoptée par les participants de l’événement
« Journées athées 2017 – Pour le Droit de Choisir »

2017-04-02

Nina Sankari, Maryam Namazie et Fauzia Ilyas
Nina Sankari, Maryam Namazie et Fauzia Ilyas aux Journées athées 2017 à Varsovie

Nous constatons une augmentation alarmante de la persécution des libres penseurs accusés de blasphème et d’apostasie. Depuis un mois seulement :

  • L’athée ex-musulman H. Farook, père de deux enfants, a été violemment haché et tué en Inde.
  • En Iran, la peine de mort imposée à Sina Dehghan, 21 ans, accusé d’avoir « insulté le prophète », a été confirmée par la Cour suprême. Ses co-accusés, Sahar Eliasi et Mohammad Nouri, ont aussi été reconnus coupables d’avoir diffusé du contenu « anti-islam » sur des médias sociaux. Nouri a reçu la peine de mort tandis que Eliasi a d’abord écopé d’une peine de sept ans de prison ; sa sentence a été réduite à trois ans en appel.
  • Au Pakistan, Ayaz Nizami et Rana Noman on été arrêtés par le gouvernement le 22 mars sous des accusations de blasphème. À la suite de l’arrestation, #HangAyazNizami a connu une tendance sur Twitter. Ces événements ont suivi la requête formulée par le gouvernement du Pakistan auprès de Facebook et Twitter, leur demandant d’aider à identifier des cas possibles de blasphème dans le but de persécuter les auteurs ou procéder à leur extradition.

Évidemment, le fait de devenir libre penseur ou athée — que ce soit en public ou en privé — ne constitue aucunement une « insulte » pour l’islam ou pour n’importe quelle autre religion. Ce n’est que l’exercice d’un droit fondamental à la liberté de conscience.

D’ailleurs, la critique des religions, y compris l’islam, son prophète ou son dieu, ne représente pas de l’« islamophobie ». Ce n’est que l’exercice d’un droit fondamental à la liberté de expression.

Au contraire, ce sont ceux qui « punissent », emprisonnent ou incitent à la violence contre les libertés de conscience et d’expression, ou qui empêchent ces libertés par la force, qui sont les véritables criminels, pas ceux et celles qui exercent leurs droits fondamentaux.

Nous exigeons l’abrogation de toute interdiction du blasphème ou de l’apostasie — que ce soit de facto ou de jure. Ceux qui se préoccupent davantage de l’« offense » que du meurtre aident ainsi à légitimer la persécution des athées et des libres penseurs à travers le monde. Il est grand temps que les victimes des délits de blasphème et d’apostasie soient protégées contre la persécution et non blâmées pour celle-ci.

Au XXIe siècle, la religion doit céder la place aux êtres humains et aux droits humains.

Varsovie, 2 avril 2017


Un commentaire sur “Déclaration sur le blasphème et l’apostasie
  1. Gilbert Corniglion dit :

    Ou bien tous la collection des faits de blasphème ci-dessus est incomplète ou bien la conclusion est accablante : l’islam est la suprême barbarie de notre époque.

    De fait, l’information provenant de la planète le confirme au quotidien : flagellation, décapitation, lapidation, emprisonnement, graves infractions envers les Conventions de Genève (jets de gaz invalidants ou mortels interdits depuis presque un siècle, etc, Déclarations de Droits (esclavage en Mauritanie, par ex) et autres législations humanistes sont commis principalement dans le monde musulman par des États arborant fièrement leur soumission à allah et ses préceptes.

    Seulement là ? Hélas non, mais massivement et de manière routinière en islam, oui.

    La différence de taille, c’est qu’ailleurs o’u ces violations d’État sont commises (Guantanamo, Abou Ghraïb, peine de mort, déni de droits, chasse et enfermement des homosexuels, Pussy Riots et Femen chez Poutine, discriminations tel le sort horrible infligé aux Autochtones canadiens particulièrement aux femmes, etc…), une conscience morale argumentée et reconnue exprimée par une partie de la population s’en offusque, s’y objecte, la dénonce, la combat et – parfois – y met fin.

    Pas en islam oèu n’existe pas de société civile (ou alors exilée et sur ses gardes pour déjouer les fatwa et les sicaires assassins à ses trousses : Shirin Ébadi, Taslima Nasreen, etc…) capable d’objecter à ces violations en se fondant sur des principes. Tout simplement parce que ces principes n’appartiennent pas, sont tués dans l’oeuf par le dogme coranique.
    Et c’est là que réside le pire : pas de possibilité systémique de condamnation morale des méfaits commis par l’État ; dès qu’elle se manifeste, cette conscience morale est aussitôt disqualifiée comme manoeuvre anti musulmane, hostile, déstabilisatrice, destructrice, satanique étrangère. Le même schéma suivi par Mc Carthy taxant de condamnable communiste athée toute revendication éthique (égalité raciale, par ex).

    Là, de nouveau, un constat accablant à l’encontre de l’islam : pas de condamnation morale endogène possible car l’islam n’a jamais généré la moindre conscience humaniste autonome capable de confronter les méfaits étatiques et les dogmes islamiques qui les fondent et sont acceptés, voire implémentés au niveau même des populations (par exemple, avant même d’être malmené par l’autorité étatique, un non-jeûneur, un non observant, une femme non voilée, un artiste audacieux ou un comportement « efféminé » subiraient ostracisation ou lynchages de la part de la population. Répétons-le : c’est au nom d’un humanisme non islamique et depuis l’exil que des musulmans ou ex-musulmans émettent critiques et condamnations.

    Au-delà des cas dénoncés ci-dessus, ce silence musulman envers la barbarie implique des amnésies elles aussi condamnables : l’islam qui a largement pratiqué l’esclavage (et le tolère ou même le justifie encore de nos jours) et la conquête coloniale violente et culturicide lors de son expansion généralement violente hors de la péninsule arabique dès ses origines (ex : Jérusalem conquise 4 ans après la mort de mahomet) est la seule civilisation qui ne s’en est toujours pas excusé ni même questionné.

    En bref, trois explications et une conséquence :
    – Aucune considération humaniste dans l’islam originel (alors même qu’une telle préoccupation avait déjà surgi précédemment non loin avec la Grèce et le personnage du Christ).
    – Aucune « Renaissance » : le mot équivalent nahda signifie l’inverse de la Renaisance que l’occident connaît, c’est-à-dire un retour à l’humanisme créco-latin. Nahda est compris comme un retour aux origines, c,est un fondamentalisme correspondant au salafisme (retour aux ancêtres, autrement dit aux moeurs tribales de l’époque de mahomet.
    – Aucun épisode correspondant aux Lumières et à une Réforme qui auraient introduit dans l’islam les préoccupations humanistes qui lui manquaient.
    – Une conséquence lourde de sens : tel qu’il est et s’enferme dans son passé, l’islam est incompatible avec et ennemi des valeurs humanistes qui, peu ou prou, ont cheminé en occident et permettent en 2017 un événement telle une rencontre internationale athée oèu on se préoccupe et déplore des méfaits commis dans un coin du monde ou un autre contre le bien-être, la vie ou la dignité d’un seul être humain ou un groupe.
    L’islam est manifestement loin d’une pensée dégagée du dogme religieux et des évolutions qui en ont découlé : darwinisme, philosophie, science et sciences humaines.
    Il est surtout l’antinomique de tout humanisme, sa misogynie systémique et consubstantielle n’en étant qu’un aspect visible, son créationnisme violent et son anti progressisme l’étant moins.
    Son immixtion dans les sociétés sécularisées et évoluées représente donc un danger de régression que tout féministe, tout humaniste, tout démocrate et tout progressiste devraient s’alarmer.
    Il y a lieu de regretter qu’un souhait tel « au XXIe siècle, la religion doit céder la place aux êtres humains et aux droits humains » (Rencontre athée à Varsovie 2 04 2017) est difficilement réalisable sans dissolution de l’islam.

    Gilbert C

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