Actualités : L’Arabie saoudite déshonore le Conseil des droits de l’Homme

Le Canada doit se retirer du Conseil des droits de l’Homme, André Sirois, Le Devoir, 2015-09-24

Depuis lundi, le panel du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU est présidé par l’ambassadeur de l’Arabie saoudite, Faisal bin Hassan Trad. On croit rêver et on en rirait si cela n’avait des conséquences aussi graves pour les droits de l’Homme en général et tragiques pour les victimes de violations de droit de la personne dans plusieurs pays, dont, au premier chef, l’Arabie saoudite.

Rappelons que le rôle principal du panel du Conseil est de nommer les cinq hauts fonctionnaires qui déterminent les normes internationales en matière de droits de la personne, de choisir les experts qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l’Homme dans différentes régions du monde et d’informer sur les violations des droits de la personne.

Il convient de rappeler que l’Arabie saoudite n’a jamais signé la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par l’ONU en 1948 et qu’elle est universellement condamnée comme l’un des pires pays, sinon le pire, pour ce qui est du respect des droits, à un point tel que ce pays n’aurait sûrement jamais dû être accepté comme membre du Conseil. […]

De plus, l’article 9 de la même résolution stipule que « les membres du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’Homme », ce qui disqualifie immédiatement l’Arabie saoudite.

Comment un pays qui, en lieu et place de la règle de droit, d’une Charte des droits et d’un Code criminel, fait appliquer par ses juges leur interprétation des règles religieuses de la charia, qui condamne aux peines les plus barbares, dont la décapitation pour le blasphème et les atteintes à la religion islamique (cela rappelle projet de loi 59 !), qui considère l’athéisme comme une forme de terrorisme, qui ne tolère aucune forme de contestation et qui refuse catégoriquement de reconnaître l’égalité hommes-femmes, etc. comment un tel pays, donc, peut-il siéger au Conseil des droits de l’Homme et y occuper un poste de cette importance ?

Cette nomination déshonore encore plus le Conseil, si c’était possible. Il n’a plus aucune crédibilité. Et le Canada doit absolument s’en retirer sans hésiter et réclamer son abolition. C’est le seul geste honorable à poser pour sauver ses principes et son honneur. Il faut donc que tous les candidats dans la présente campagne électorale se prononcent immédiatement pour ce retrait qui, j’en suis convaincu, devrait en entraîner d’autres.

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