De la responsabilité du politiquement correct dans les attentats

Pierrick Combreau

2016-08-03

On a un problème important (en France tout au moins) vis à vis des livres sacrés en général du Coran en particulier : Il est impossible de mettre en évidence les aspects rétrogrades et souvent meurtriers de certains passages des livres dans les médias. Et ce, au nom du politiquement correct ; Une autocensure s’applique par crainte de représailles bien sûr, mais le plus souvent à cause d’une législation très mal adaptée qui permet aux organisations religieuses d’attaquer facilement les médias. Ces aspects deviennent tabous et ne sont jamais abordés dans l’espace public. Ou alors, les textes sont édulcorés et les propos sont fortement nuancés.

Le résultat de cette cécité volontaire se fait cruellement sentir ces temps-ci avec la montée de l’idéologie Salafiste et Daesh s’en sert pour faire valoir sa « vérité », sans forcer ; En révélant simplement ce que sont réellement les textes.

Le problème avec cette démarche est que, quand on questionne la plupart des musulmans vivant en France, quelles que soient leurs origines, ils sont persuadés que les textes appelant au meurtre et en particulier au meurtre des athées, n’existent pas et que le Coran n’est que paix et amour. Très rares sont ceux qui se donnés la peine de lire le livre et ceux qui ont eu la chance de l’aborder l’ont en général fait, contraints, dans le cadre d’un enseignement religieux dirigé, en dehors du cadre des institutions de la république. La plupart d’entre eux n’en retient donc que ce que les médias et leur entourage en disent.

A l’opposé, on trouve des manipulateurs qui sévissent de préférence là où les jeunes sont les plus vulnérables et où la précarité est criante. Malheureusement, ces temps-ci, ces manipulateurs sont souvent des salafistes ou tout au moins des gens qui ont une lecture particulièrement rigoriste du Coran. Il leur suffit simplement de révéler le Coran, sans même avoir besoin de l’adapter, en choisissant les versets « pertinents » pour mobiliser leurs cibles.

Comment expliquer à un musulman ou à une personne désireuse de se convertir, souvent frustré par les difficultés qu’il trouve à s’intégrer dans le tissu économique (cible préférée des salafistes), que le Coran prêche la paix et la tolérance ? Quand on lui révèle des versets comme :

Sourate 4, verset 89 : « Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur. »

Notons que le Coran expose également de nombreux versets qui vont clairement dans le sens opposé en appelant à la paix et la tolérance mais les prédicateurs salafistes en charge du recrutement sauront bien sûr les occulter.

Ne serait-il pas plus efficace d’abandonner clairement le politiquement correct et d’appeler un chat un chat ? Tous les livres sacrés des grandes religions monothéistes appellent clairement à tuer à plusieurs reprises. Fort heureusement, la plupart des croyants ne sont pas rigoristes et ont adapté leurs lectures au siècle dans lequel ils vivent. De tous temps, certains d’entre eux ont fait du prosélytisme et ont voulu appliquer les textes au pied de la lettre. Bien des chrétiens ont fait cela, souvent avec l’aide d’états plus ou moins isolés derrière eux avec les conséquences que l’on connait. Aujourd’hui, ce sont les musulmans salafistes mais cette fois, ils ont derrière eux une organisation solide et à rayonnement mondial.

S’il était clair dans l’esprit de tout le monde que ces passages appelant au meurtre existent, il apparaitrait alors évident qu’il faut interpréter ces textes pour remettre leurs enseignements dans notre siècle, et surtout, il serait bien plus difficile aux intégristes de « révéler » le Coran à leurs potentielles recrues. Tout le monde saurait à l’avance de quoi on parle et connaitrait également les passages qui, à l’inverse, prônent la tolérance. Comme par exemple :

Sourate 10, verset 99 : « Si ton seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? »

En France, il n’existe pas dans les écoles primaires ou secondaires, d’enseignement théologique transmit par des laïques. Seul l’enseignement privé en procure mais dans ce cas il est toujours orienté car il est pratiqué par des institutions religieuses ou des écoles qui en dépendent. Cet enseignement est donc plutôt enclin à favoriser l’intégrisme au lieu de le combattre.

Les quelques rares textes étudiés à l’école portent essentiellement sur le christianisme dans le cadre de cours d’histoire et restent dans le « politiquement correct ». Les appels au meurtre ne sont en aucun cas étudiés ni même évoqués.

Il serait probablement intéressant d’introduire des cours qui enseigneraient l’histoire des religions prenant en compte à minima les trois grandes religions monothéistes, d’un point de vue critique et objectif. Il est essentiel que ces cours soient dispensés de façon laïque.

Il faut commencer à soigner ce mal. Ça prendra du temps. Ça commencerait par l’abandon du politiquement correct pour faire en sorte que les médias puissent parler clairement de ces textes, sans crainte d’offenser qui que ce soit et surtout sans craindre les foudres de la justice. Il restera la crainte des représailles des fous de dieu mais ça, c’est plus difficile à gérer !

2 commentaires sur “De la responsabilité du politiquement correct dans les attentats
  1. Marco DeRossi dit :

    Pierrick, excellente analyse.

    Pour ce qui est des solutions, il faut simplement étiquetés les livres religieux pour les passages (nombreux) qui appellent à la subversivité, avec des mentions comme sur les pacquets de cigarettes, (ATTENTION: contient du contenu haineux).

  2. Legras Daniel dit :

    Un homme courageux a essayé de faire apposer, en vain, une mention, c’est Salvatore Pertutti. Il y a laissé du temps et beaucoup d’argent.
    Salvatore Pertutti : « Soucieux de dénoncer certains passages de la bible et du coran qui me semblent être en contradiction avec les valeurs humanistes défendues par nos démocraties, j’ai entamé une procédure juridique contre les éditeurs de la bible et du coran. Le motif invoqué est très clair : diffusion d’ouvrages à caractère sexiste, homophobe et sectaire en violation de la loi sur la presse du 29 juillet 1881. 
    Après plusieurs années de procédure et d’auditions, la justice a déclaré l’affaire non recevable. »

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