Campagne « Bas les voiles ! »

Soutenons la campagne #NoHijabDay, #FreeFromHijab !

1er février 2019

Djemila Benhabib

Mise en ligne : 2019-01-29

J’ai besoin de vous pour donner un bel élan à ce mouvement : #NoHijabDay, #FreeFromHijab initié sur la toile via Facebook et Twitter par nos soeurs iraniennes et saoudiennes qui se battent contre l’oppression et le voilement obligatoire des femmes dans leur pays.

Quoi faire ? Très simple.

  1. Relayer l’information. Vous pouvez suivre les comptes Facebook de :
    Ensaf Haidar, Shaparak Shjr Shaparak-shjr, Yasmine Mohammed
  2. Poster une photo de vous avec un foulard suspendu à un bâton. C’est simple comme bonjour mais le geste est fort et d’une grande efficacité. Les gars ne soyez surtout pas gênés de suivre le mouvement. L’invitation s’adresse aussi à vous bien entendu. La photo, vous pouvez la prendre en groupe ou d’une façon individuelle. Bref, the sky is the limit. Laissez votre imagination prendre son envol. Choisissez un beau décor… quand même ! Surprenez-nous !
  3. Défi perso. L’année dernière en solidarité avec les Iraniennes, j’ai posté une photo avec ma fille, elle a été vue plus de 100 000 fois sur twitter. Cette année, je vise 200 000 vues. Vous allez m’aider hein ! Je n’y arriverai pas sans vous.

À quel moment faut-il poster la photo ? Dès maintenant. Surtout, le 1er février. Remarquez, vous pouvez commencer dès maintenant. Allez-y, go, yallah, postez vos photos !

Micheline Rioux
Cliquer pour agrandir
Micheline Rioux #NoHijabDay

Quelques mots sur le contexte: en 2013 est née, à New York, la Journée du hidjab (oui, vous avez bien lu). Après avoir contaminé les pays anglo-saxons, l’initiative a commencé à prendre forme en Europe et au Québec, principalement dans les universités (Euh oui !). Ces militantes pro-hidjab, aiment bien se regarder le nombril, se donner en spectacle, nous faire croire que le hidjab c’est TELLEMENT cool ! Quel courage y a-t-il à porter le hidjab sous le dôme protecteur des démocraties occidentales qui poussent le bouchon très loin s’agissant du primat de l’individu-roi quitte à fermer les yeux sur l’intolérance ? La vérité, c’est que ces militantes pro-hidjab ne risquent rien. Elles sont protégées par des lois dont elles profitent avantageusement sans jamais contribuer à les consolider. Bien au contraire, elles les pervertissent. Que ce soit clair, je parle des militantes pro-hidjab, celles qui nient allègrement la portée et la fonction de cette camisole de force, je ne vise pas les femmes dans leur ensemble qui portent le voile. J’ai suffisamment d’expérience pour savoir que le voile répond à différents impératifs dictés par des contextes et des conjonctures complexes. Rien n’est simple.

Ensaf Haidar
Cliquer pour agrandir
Ensaf Haidar #NoHijabDay

L’action #NoHijabDay #FreeFromHijab que je vous invite à soutenir c’est pour exprimer notre solidarité avec les Saoudiennes et les Iraniennes. Ces courageuses qui, jour après jour, postent des photos d’elles sans voile. De graves dangers les guettent. Au tournant d’une rue ou sur le perron d’une porte. La prison et l’exil les menacent lorsque ce n’est carrément pas la mort qui les piège. J’entends leur cœur battre à cent milles à l’heure. Et pourtant, elle ne recule pas. Il est là le courage ! Il se trouve dans la liberté charnelle d’habiter le monde en assumant sa féminité contre vents et marées. N’ayez pas peur des cheveux des femmes !

Cette action prend pour moi un sens particulier puisqu’elle remue des souvenirs douloureux. Comment ne pas évoquer les mémoires de Katia Bengana (17 ans) assassinée le 28 février 1994 et Amel Zahnoune (20 ans) assassinée le 26 janvier 1997, en Algérie, par les hordes du Front islamique du salut. Au Canada, j’ai découvert aussi d’autres réalités. La même obsession du contrôle des femmes. Ce sang qui coule au nom de l’ “honneur”. Les assassinats de Aqsa Parvez (16 ans) le 10 décembre 2007 et des 4 membres d’une même famille, les Shafia, le 30 juin 2009 à Kingston en Ontario, ont marqué des blessures béantes. Les sœurs Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti Shafia (13 ans) ainsi que Rona Amir Mohamed (50 ans) ont été retrouvées mortes noyées dans une voiture. Ces femmes ont toutes deux points commun. L’affirmation de la liberté à travers leur être. Jusqu’au dernier souffle, ces courageuses ont tenu toutes tête à leurs assassins.

Micheline Rioux
Cliquer pour agrandir
Micheline Rioux #NoHijabDay

C’est dire à quel point l’émancipation des femmes reste à ce jour une question brûlante et cruciale. L’issue de cette résistance déterminera le monde de demain. Nos ennemis sont nombreux et divers. Certes il y a les intégrismes religieux, des traditions et des cultures archaïques et barbares, le sexisme et la misogynie “ordinaires” mais il y a aussi cette bêtise du relativisme culturel. “Il faut se faire à l’idée que le terrorisme a désormais d’autres visages que celui de jeunes incultes armés de kalachnikovs.” Voilà ce que Riss affirmait au sujet du combat de Charlie Hebdo pour la liberté d’expression dans un numéro spécial intitulé Le retour des anti-Lumières. Pour les femmes, c’est kif kif. Alors que les intégristes tuent, les relativistes leur tiennent la main. Avec le même résultat: couper les ailes des femmes.

Allons, résistons ! Postons nos photos !

Je vous remercie vivement. Avec toute ma gratitude.

Djemila B.

Liens


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Imprimer cette page Imprimer cette page