Opinion : Mme Pelletier, merci de nous faire rire… et de faire pleurer les féministes éclairées

Jacques Légaré

2020-01-19

Jacques Légaré répond ici au texte de Francine Pelletier L’allergie à la religion, au sujet du programme Éthique et culture religieux (ÉCR), paru dans Le Devoir le 15 janvier 2020.

Madame Francine Pelletier, journaliste au Devoir.

Votre deuil ressenti à la mise à la poubelle du cours ÉCR est touchant.

Vous écrivez : « Se débarrasser des carcans religieux pour en conserver la substantifique moelle », Même Rabelais serait en désaccord.

Il n’y a aucune valeur morale attachée aux religions tout comme on ne peut attacher grande valeur à l’éthique mafieuse qui existe bel et bien (obéissance inconditionnelle au chef, sens machiste et féodal de l’honneur, respect des règles internes, dissimulation des crimes aux autorités légales, tout comme Jean-Paul II et Benoît XVI).

Les trois monothéismes ont kidnappé la morale, toute sociale dixit le vieil Aristote, des sociétés qu’ils ont subjuguées. Pire, ils ont figé ces morales (mos majorum) dans des textes sacrés intangibles. Sans jamais même les respecter ! (cf. Normand Rousseau « La Bible immorale » et « Les assassaints et les assassaintes » et sa riche bibliographie).

Il faut résister, Madame Pelletier, à véhiculer cette contre-vérité historique que les religions sont porteuses de moralité. Ni dans les actions ni dans les textes sacrés. Seuls les crédules et les ignorants, happés par la secte monothéiste manipulatrice, y apportent leur bon cœur à défaut de leur bon jugement. Ainsi les trois monothéismes se drapent dans les bonnes actions du « bon chrétien », du « bon musulman » et du « bon juif pratiquant ».

Le cours ÉCR, un « grand bon en avant » dites-vous. Un peu comme le « grand bon en avant » de Mao… Une hypocrisie impeccablement réussie.

Le cours ÉCR remplaçait l’endoctrinement ferme du cours traditionnel par de la propagande sympathique sous couvert du « vivre ensemble ». Plus habile et plus efficace. La preuve : votre propre article…

Louis Rousseau, co-rédacteur de ÉCR, est un théologien. Madame, la théologie est la caricature du savoir humain. Un théologien a déjà écrit que la torture était une sorte de bien qui permet au supplicié de mériter encore plus son Salut…

Les rédacteurs sectaires et orientés de ÉCR ne sont pas Daniel Baril, Normand Rousseau, David Rand, Andréa Richard, etc. Auteurs peu souvent invités au Devoir pour bien discourir de ce sujet empoisonné par les mensonges et la manipulation depuis des siècles.

« La reconnaissance de l’autre » par l’apprentissage des religions est une contre-vérité pédagogique. Êtes-vous capable de faire comprendre à un immigrant la bonne alimentation occidentale en lui faisant boire du coke et du pepsi ? La médiocrité et la bancalité de cette approche est évidente pour qui a bon jugement. Les jeunes de toutes les nations s’apprécient en jouant au football et au baseball ensemble. Les Jeux Olympiques sont communs. Pas les églises, mosquées et synagogues, toutes exclusives des unes des autres.

Se faire berner ainsi est pitoyable.

« Un bacc de 4 ans en religion » ? Allons y voir. Assister à 1000 messes ne rend pas plus intelligent, plus savant, plus critique, plus imaginatif. Maître en Histoire, j’ai lu souvent les écrits et plans de cours de ces faux historiens déformants. En religion sympathique les faits historiques et les concepts de sciences humaines sont systématiquement déformés, déroutés, recyclés en farine apologétique. C’est l’ABC qu’il faut connaître quand on étudie l’histoire des trois monothéismes.

« Le cours ÉCR n’a pas été évalué » dites-vous. Ses manuels utilisés furent analysés pour nous révéler qu’ils furent composés pour présenter aux élèves la seule option intégriste de chaque religion.

Plus encore, à lire le devis ministériel lui-même j’ai constaté une totale schizophrénie entre la 1ère partie (classique et bien faite) et la 2e partie (culture religieuse) qui n’est qu’une propagande sympathique des religions.

Cette 2e partie, honteuse, pontifie et célèbre les rites et les croyances sans aucun esprit critique, sans aucune référence aux éthiques contemporaines et dans une affligeante manipulation qui est un viol de la liberté de conscience en formation des enfants.

« À la poubelle » ? Madame Pelletier, tout le salafisme, toute l’hypocrisie pédophile catholique, tout le judaïsme mortifère pour lequel tant de malheureux êtres humains ont été sacrifiés criminellement méritent, oui méritent, la poubelle.

Nous devons instruire les enfants dans une éthique solide, pleine de joies fortes, de plaisirs sains et responsables, ensoleillant leur vie et fortifiant leur bon jugement par l’étude constante des sciences et de la modernité.

« Pour le remplacer par tout ce qui bouge » ? C’était la définition de l’obscénité selon un vieux chef de police. Merci de nous faire rire un peu.

Bêtise ou légèreté désinvolte que cette critique contre le nouveau cours si vous lisez attentivement le projet ministériel : les grands sujets éthiques permanents à toute génération y sont et l’éthique est arrimée à la problématique actuelle. C’est un bon côté, une bonne intuition pédagogique car l’éthique enseignée sera ainsi continuellement liée à la vie réelle des jeunes et changeante avec la société, comme en toute discipline bien enseignée de sciences humaines.

Pour ce plaindre de la richesse (lourdeur selon lui) du cours, le syndicaliste Louis Roy connait-il la performance de nos professeurs ? Et leur capacité d’adaptation et de dynamisme professionnel ? J’ai enseigné 31 cours différents, oui 31 cours différents de 1974 à 2001 en 5 disciplines différentes, et au collégial (CNDF). Je ne suis pas un génie. Qui se grouille, qui se mouille, performe.

Ensuite, ce cours durerait de l’âge de 6 à 16 ans, 10 ans possibles d’enseignement. On a le temps de couvrir adéquatement ces sujets, tous modulés selon l’âge et l’évolution en maturité des jeunes.

« Cancel culture » (ne pas traiter les sujets dérangeants), craignez-vous.

N’accusez pas, chère Madame, le nouveau cours de cette pratique dont se prévalait l’ancien ERC qui ne causait d’homosexualité qu’avec des pincettes, jamais de pédophilie des prêtres, de l’État islamique, de la répression wahhabite et des exemptions fiscales des organisations religieuses. Ces dernières détruisent, par leur pensée magique, la formation scientifique que les autres cours peinent à donner aux étudiants.

L’omerta est un fait religieux et mafieux. Pas une pratique chez les Lumières.

« La religion fait peur. Étudions-la ». C’est déjà fait. Il vous faut lire l’œuvre de Nircea Eliade, de Richard Dawkins, de Normand Rousseau.

Et « Tout ce que la science sait de la religion » de Daniel Baril.

« Comprenons-la » dites-vous dans votre article mal informé.

Certes, mais pas au sens d’accepter une bêtise, une horreur historique et géopolitique. Elle n’a pas à être « comprise », mais à être rejetée. Comme la pédérastie de Matzneff ne serait pas acceptable et serait rejetée.

Votre position, Madame, est la fine bouche qui souhaite en catimini que l’État continue à faire dans les écoles de la propagande religieuse soft et discrète, bien enveloppée comme John Gotti était élégant.

Plus triste, Madame, vous n’avez pas soufflé un mot de la haine et de la discrimination sévère et violente faite aux femmes par les religions, et sur toute la planète…

Madame, inspirez-vous d’Hypatie. Ainsi votre recyclage culturel et politique vous sera salutaire.

Cela tout dit avec peine et sans mépris.

Jacques Légaré


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