Actualités : Arabie Saoudite : La peine pour apostasie demeure inchangée

Official source denies allegations that the Kingdom is planning to abolish apostasy penalty (Une source officielle nie que le royaume ait l’intention d’abolir la peine pour apostasie), Saudi Press Agency, 2017-12-02.

Selon l’agence de presse saoudienne, une source officielle du pays a déclaré que des allégations que le royaume aurait l’intention d’abroger la peine pour apostasie seraient tout à fait fausses. De plus, il est envisagé de poursuivre quiconque véhiculerait de tels mensonges.

La criminalisation de l’apostasie (quitter sa religion)—surtout lorsque punie par la peine de mort—constitue la négation absolue de la liberté de conscience. Au fait, c’est une loi barbare. Malgré les rumeurs qui circulent à l’effet des réformes se feraient en Arabie Saoudite, l’agence de presse saoudienne nous confirme que le système légal de ce pays demeurera barbare en refusant d’abolir cette loi contre l’apostasie. Encore pire, selon cette agence, il serait apparemment illégal même d’alléguer publiquement qu’un tel changement serait à prévoir!

Actualités : Irlande : Loi anti-avortement sera adoucie

Eighth Amendment committee agrees to recommend abortion law changes (Un comité recommande de modifier la loi sur l’avortement), Sarah Bardon, The Irish Times, 2017-12-13.

Un comité qui étudie l’amendement 8 de la constitution irlandaise — qui accorde au fœtus et à la mère un droit égal à la vie — recommande que cet amendement soit abrogé. Le comité recommande aussi des modifications à la loi sur l’avortement, y compris l’accès à l’avortement sans restriction jusqu’à la douzième semaine de la grossesse.

Il s’agit d’une victoire importante pour les droits de femmes dans un pays où l’obscurantisme catholique s’y est opposé farouchement depuis toujours. Nos amies et amis de l’association Atheist Ireland militent pour ces droits en tant que membre de la Coalition to Repeal the Eighth Amendment (Coalition pour l’abrogation du huitième amendement).

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Actualités : Transports Canada permet les petites lames dans les avions

L’Assemblée nationale demande à Ottawa de reculer sur le kirpan à bord des avions, Marc-André Gagnon, Journal de Montréal, 2017-11-22.

L’Assemblée nationale a adopté, mercredi, une motion réclamant à Ottawa de reculer sur sa décision autorisant le port du kirpan et autres petits couteaux dont la lame mesure moins de 6 centimètres à bord des avions.

Seuls les trois élus de Québec solidaire ont préféré s’abstenir de voter en faveur de la motion déposée par la Coalition avenir Québec.

Toutefois, les couteaux de toute longueur demeurent interdits sur les vols en direction des États-Unis.

La nouvelle directive interdit les « Couteaux aves (sic) lames de plus de 6 centimètres ». Il s’agit d’une règle apparemment recommandée par l’Union européenne. Cette règle est-elle raisonnable ? Ou bien, s’agit-il, dans le contexte canadien, d’un accommodement religieux ayant pour but de courtiser le vote des communautés religieuses en général et le vote des Sikhs pratiquants en particulier ?

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Actualités : La députée Malthais propose une commission sur l’endoctrinement des sectes

Endoctrinement des sectes: Maltais veut une commission parlementaire, Ian Bussières, Le Soleil, 2017-11-23

La députée péquiste Agnès Maltais demande à la Commission des institutions de se saisir d’un mandat d’initiative sur les méthodes d’endoctrinement de sectes structurées et de leurs impacts sur leurs membres. Il s’agit d’une première étape en vue d’une éventuelle commission parlementaire sur la question. C’est la publication du rapport du coroner Luc Malouin sur la mort d’Éloïse Dupuis, une jeune Témoin de Jéhovah décédée une semaine après son accouchement et qui avait refusé une transfusion sanguine, qui a poussé la députée de Taschereau à agir.

La lettre envoyée au vice-président de la Commission des institutions, le député de Verchères Stéphane Bergeron, mentionne précisément les membres de sectes qui sont en situation médicale d’urgence, en particulier les femmes […] « on est en droit de se demander à quel point un consentement est libre et volontaire quand une personne est dans une secte depuis des années et qu’elle subit des pressions », explique Mme Maltais.

L’endoctrinement est un phénomène incontournable chez la religion en général, pas seulement dans ce que l’on appelle couramment les “sectes”. Au fait, une religion conventionnelle — telle que le christianisme, l’islam, le judaïsme, l’hindouisme, etc. — n’est qu’une secte qui a réussi à s’établir et à durer.

Actualités : En Malaisie, l’athéisme serait « inconstitutionnel » ?

Atheism is ‘unconstitutional’, says Malaysian deputy minister: Report (L’athéisme serait « inconstitutionnel » selon un sous-ministre malaisien), Channel NewsAsia, 2017-11-23

Selon le Dr Asyraf, sous-ministre au gouvernement de la Malaisie, l’athéisme serait en contradiction avec la constitution du pays. En particulier, il maintient que la liberté de religion n’implique pas un droit de se libérer de la religion. De plus, l’athéisme serait une menace pour « l’inviolabilité de l’islam », pour l’ordre public et pour la moralité.

Cette absurde déclaration est une expression d’athéophobie classique. Heureusement, tous les Malaisiens ne sont pas nécessairement d’accord :

MP: Does freedom of speech also mean you must speak? (Un député : La liberté de parole implique-t-elle une obligation de parler ?), MalayMail Online, 2017-11-26.

Selon le député Tony Pua, dire que la liberté de religion n’implique pas le droit de n’avoir aucune religion, c’est de la pure foutaise. Il conteste l’assertion du sous-ministre que l’athéisme serait illégal au pays. De plus, le député rejette l’idée que l’athéisme constituerait une menace pour l’islam, car une absence de foi n’implique pas la prosélytisation.

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Actualités : Seize Québécois-es de culture musulmane contre l’image stéréotypée véhiculée par ÉCR

ÉCR : Il faut mettre fin à l’image stéréotypée des musulmanes, Nadia El-Mabrouk et 15 autres signataires, La Presse, 2017-08-29

L’obligation du visage découvert au sein des institutions de l’État découle du bon sens, et ne peut en aucun cas représenter une discrimination à l’égard des femmes musulmanes. Le voile intégral relève de versions sectaires de l’islam et Mahomet lui-même l’avait interdit pour le pèlerinage à La Mecque. C’est un vêtement dégradant qui porte atteinte à la dignité des femmes.

Mais bien plus que de l’interdire, il faudrait surtout contrer l’idéologie qui le sous-tend, ce qui ne semble pas dans l’agenda du ministère de l’Éducation.

Tout au contraire. Alors que les modalités de son interdiction sont discutées à l’Assemblée nationale, le ministre Proulx ne semble pas, quant à lui, se préoccuper de sa banalisation à travers les manuels et les documents du cours d’éthique et culture religieuse (ECR).

[…]

Reconnaître le niqab comme un vêtement parmi d’autres de l’islam revient à le banaliser et à ignorer l’oppression de la femme qu’il représente. Les premières victimes de cette normalisation du voile sont les petites filles musulmanes que l’on abandonne aux pressions de l’islam radical. Comment se fait-il que, sous prétexte de respect de la différence, on fasse ainsi table rase des droits des femmes ?

[…] La valorisation de la diversité culturelle ne doit pas mener à la normalisation, voire à la promotion de pratiques qui vont à l’encontre des droits de la personne. […]

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Actualités : Un hôtel en Algérie interdit le burkini

Tlemcen : un hôtel interdit aux femmes de se baigner en burkini, Jugurta Nam, ObservAlgerie, 2017-08-27

Une polémique enfle en Algérie après que les responsables d’un hôtel aient émis une note interdisant aux femmes de se baigner en burkini, hidjab ou tout autre vêtement non reconnu comme un habit de baignade.

En effet, les responsables de l’hôtel « la Renaissance » de Tlemcen, l’un des plus prestigieux du pays, ont émis une note interdisant aux clientes de l’établissement de se baigner en burkini dans la piscine de l’hôtel. Cette note, qui est pourtant affichée dans cet hôtel depuis longtemps, a soulevé une vaste polémique après qu’un couple d’immigrés aient été sanctionnés pour n’avoir pas respecté cette disposition il y a quelques jours, a-t-on appris de sources locales.

Plusieurs appels aux responsables du somptueux hôtel de suspendre cette décision ont été lancés, toutefois, ceux-ci refusent de céder aux pressions et campent sur leur position. À noter que ce n’est pas la première fois que ce genre de polémique éclate dans le pays, où les tirs croisés entre les partisans du burkini et ceux du bikini sont devenus presque coutume durant la saison estivale depuis quelques années.

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Actualités : Al-Azhar condamne l’égalité femmes-hommes proposée par le président tunisien

Tunisie: le président lance le débat sur l’égalité homme-femme pour l’héritage, AFP, L’Orient LE JOUR, 2017-08-13.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a lancé dimanche le débat sur le sujet délicat de l’égalité entre femmes et hommes en matière d’héritage, jugeant que son pays se dirigeait inexorablement vers l’égalité « dans tous les domaines ».

Le chef de l’Etat s’exprimait à l’occasion de la « Fête de la femme » en Tunisie, qui célèbre tous les 13 août la promulgation en 1956 du Code du statut personnel (CSP), un texte qui a accordé plusieurs droits aux femmes et aboli la polygamie et la répudiation.

La Tunisie est depuis considérée comme pionnière dans le monde arabe en matière de droits des femmes, même si ces dernières continuent d’hériter généralement uniquement de la moitié de ce qui revient aux hommes, comme le prévoit le Coran.

« Mais il faut que nous disions que nous allons vers l’égalité entre eux [hommes et femmes] dans tous les domaines. Et toute la question réside dans l’héritage », […]

M. Caïd Essebsi a aussi annoncé avoir demandé au gouvernement de retirer une circulaire datant de 1973 et empêchant le mariage des Tunisiennes musulmanes avec des non-musulmans.

Mais la mosquée égyptienne Al-Azhar condamne cette initiative tunisienne :

Al-Azhar condamne les propositions tunisiennes sur l’égalité des sexes en matière d’héritage, Salomé Parent, La Croix, 2017-08-25

Dimanche 13 août, le président Béji Caïd Essebsi a annoncé vouloir mettre fin à l’inégalité entre les femmes et les hommes au moment de l’héritage.

Des paroles qualifiées de « violation flagrante des préceptes » de l’islam par la mosquée égyptienne Al-Azhar. […] Dans un communiqué, ils ont qualifié les propos de Béji Caïd Essebsi de « contraire aux enseignements de l’islam ».

La mosquée a réaffirmé sa volonté de « continuer à faire son devoir de transmettre le jugement de Dieu à tous les musulmans à travers le monde », conformément à ce qu’elle considère comme « son rôle dans la préservation de l’islam ». « Al-Azhar affirme son rejet de toute intervention politique dans les croyances des musulmans et la loi de l’islam » conclut le communiqué.

Abbas Shouman, l’adjoint du grand imam de la mosquée, s’est également fendu d’une réaction sur les réseaux sociaux, expliquant que l’inégalité entre les sexes au moment de l’héritage était clairement mentionnée dans le Coran.

Commentaire de Waleed Al-Husseini sur Facebook :

Encore une preuve formelle que cet institut [Al-Azhar] ne diffère pas des islamistes extrémistes. Et en France donc ? Il serait convenable que les musulmans prennent l’exemple de la Tunisie, et que les hommes désirant se marier avec une musulmane ne soient pas dans l’obligation de se convertir. L’une des raisons de l’accroissement des convertis est liée au mariage, et c’est ce qui plait aux islamistes pour maintenir le statu quo.

Je souhaite bonne chance au gouvernement tunisien, ce n’est pas encore gagné, mais je tiens à saluer le courage du président tunisien !

Actualités : Lancement d’un magazine athée en Pologne

Fondation Kazimierz Lyszczynski, Communiqué, 2017-08-10

La Fondation Kazimierz Lyszczynski lance Przeglad Ateistyczny FKL (Revue Athée FKL)

Varsovie, Pologne, le 10 août 2017 – La Fondation Kazimierz Lyszczynski a annoncé aujourd’hui que le premier numéro de la toute première revue athée en Pologne vient de paraître et sera disponible par abonnement.

Le magazine traitera de l’athéisme et de la liberté de conscience en Pologne, en particulier les aspects philosophiques, politiques et culturels. Étant donné le climat nationaliste-catholique qui règne au pays, une idéologie imposée par le parti de droite actuellement au pouvoir, il y a un besoin croissant d’un point de vue athée. Le magazine paraîtra quatre fois l’an.

Pour de plus amples renseignements au sujet de cette publication, consultez le site web de la Fondation : www.Lyszczynski.com.pl

Courriel : biuro@lyszczynski.com.pl

Téléphone : +48 501518757

Actualités : Les ex-musulmans en congrès

Largest gathering of ex-Muslims in history (Le plus grand rassemblement d’ex-musulmans de l’histoire), CEMB (Conseil des ex-musulmans de la Grande Bretagne), 2017-07-25.

La Conférence internationale pour la liberté de conscience et d’expression, qui vient de se terminer à Londres (22-24 juillet 2017), représente le plus grand rassemblement d’ex-musulmans jamais vu, avec plus de 70 conférenciers et conférencières provenant d’une trentaine de pays, pour rendre hommage aux dissidents et pour soutenir la laïcité et le droit à l’apostasie et au blasphème.

Quelques points saillants de l’événement :

  • Honorer des individus remarquables : Bonya Ahmed (Bangladesh), Ensaf Haidar et Raif Badawi (Arabie Saoudite), Zineb El Rhazoui (Maroc), AC Grayling (Grande Bretagne), Gita Sahgal, Yasmin Rehman, Marieme Helie Lucas (Algérie), Mohammad AlKhadra (Jordanie), Ismail Mohamed (Égypte) et Richard Dawkins (Grande Bretagne).
  • Dénoncer l’utilisation par les islamistes de l’accusation d’« islamophobie » comme un nouveau délit de blasphème.
  • La menace que constitue le communautarisme pour les droits universels.
  • Résolution condamnant la censure pratiquée contre Richard Dawkins pour avoir tenu des propos « offensants », critiquant l’islam tout comme il critique toutes les religions.
  • Résolution condamnant le gouvernement d’Égypte qui n’a pas permis au conférencier Ismail Mohamed de se rendre au congrès.
  • Resolution demandant aux organisateurs de l’événement LGBT London Pride de décider s’ils sont d’accord avec les islamistes qui favorisent le meurtre des ex-Musulmans et des hommes gais, ou s’ils sont par contre du côté de ceux et celles qui dénoncent l’homophobie islamique ainsi que les lois qui criminalisent l’homosexualité, l’apostasie et le blasphème.
  • Déclaration de libres penseurs pour la liberté de conscience, pour la laïcité, contre le racisme, contre la xénophobie et contre l’extrême-droite (p. ex. l’islamisme).

Voir aussi :

Actualités : Le délit de blasphème au Canada bientôt abrogé ?

Excellente nouvelle : Avec le projet de loi C-51 au Parlement du Canada, le délit de blasphème sera probablement abrogé !

Ottawa élimine des zones grises, Hélène Buzzetti, Le Devoir, 2017-06-07

Ottawa profite de son projet de loi C-51 pour faire le ménage dans le Code criminel et éliminer quelques infractions datant d’une autre époque. Aux poubelles, donc, l’interdiction d’offrir une récompense « sans poser de question » pour la restitution d’un bien volé ou le fait de défier une personne en duel. On décriminalise le blasphème, tout comme le fait de prétendre frauduleusement d’exercer la sorcellerie. Il ne sera plus interdit non plus de représenter faussement qu’une marchandise a été fabriquée… par une personne détenant un brevet royal.

Il s’agit de l’article 296 du Code criminel. Et maintenant, il faut faire abroger :

  1. la motion M-103, et
  2. l’exception religieuse dans la loi contre la propagande haineuse.

Voir aussi :

Actualités : Un mois de prison pour des déjeuneurs du ramadan en Tunisie

Un mois de prison après avoir mangé en public pendant le ramadan, AFP, Huffington Post Tunisie, 2017-06-01

Quatre Tunisiens ont été condamnés jeudi à un mois de prison pour « outrage public à la pudeur » après avoir mangé dans un jardin public en plein ramadan, mois sacré de jeûne musulman, a indiqué jeudi à l’AFP le Parquet de Bizerte (nord).

Cette condamnation intervient alors qu’un collectif d’ONG a appelé les autorités à « respecter leur devoir constitutionnel de garantir la liberté de conscience » et qu’un appel à manifester le 11 juin a été lancé sur les réseaux sociaux pour défendre les non-jeûneurs et réclamer le respect des libertés individuelles.

Aucune loi n’interdit de manger ou de boire en public pendant le ramadan en Tunisie mais le débat sur cette question revient chaque année. La Constitution tunisienne garantit « la liberté de croyance et de conscience » mais l’Etat est aussi décrit comme « gardien de la religion ».

Imposer le ramadan, c’est violer la liberté de conscience.

Voir aussi :

Actualités : Le Danemark abolit le délit de « blasphème »

Au Danemark, le blasphème n’est plus un délit, Anne-Françoise Hivert, Le Monde, 2017-06-02

Désormais, le blasphème n’est plus un délit passible de quatre mois d’emprisonnement au Danemark. Vendredi 2 juin, les députés du royaume se sont prononcés majoritairement en faveur de la suppression de l’article 140 du code pénal, adopté en 1866. Le vote a eu lieu après le revirement des libéraux, jusque-là opposés à la réforme, mais qui ont cédé à leurs alliés gouvernementaux, le Parti conservateur et l’Alliance libérale. L’article visait « celui qui, publiquement, insulte ou tourne en dérision la doctrine ou le culte d’une communauté religieuse légalement reconnue ». La dernière condamnation remonte à 1946.

Lors de la crise des caricatures en 2006, le parquet général avait été saisi, mais avait estimé que les douze dessins du prophète Mahomet, publiés par le journal Jyllands-Posten, ne constituaient pas un blasphème. En février 2017, cependant, un homme de 42 ans a été renvoyé devant les tribunaux pour avoir publié sur Facebook, en 2015, une vidéo le montrant en train de brûler le Coran dans son jardin. Son procès devait débuter le 7 juin.

Enfin ! Avec l’abrogation de cette loi danoise, les fanatiques religieux — comme ceux qui gouvernent l’Arabie saoudite et des pays semblables — ont une excuse de moins de supprimer ou de persécuter la critique nécessaire de la religion.

Prochaine étape : Faire abroger la loi canadienne anti-blasphème, soit l’article 296 du Code criminel !

Voir aussi :

Actualités : Appel pour la liberté artistique en Pologne

Par solidarité avec nos amis polonais, nous reproduisons ici un appel urgent.

Appel pour la défense du Théâtre « Powszechny » et de la liberté artistique

Nous vous invitons à venir nombreux pour défendre le Théâtre « Powszechny » à Varsovie le samedi 27 mai, à 17h00. Nous avons des informations que les autorités encouragent le recours à la violence par les membres du Camp Radical-nationaliste afin de perturber la manifestation pacifique et de surmonter la résistance des citoyens aux attaques contre la liberté artistique et la liberté de conscience.

Auteurs d’une longue campagne de haine dans les médias de droite catholiques et du recours à la violence physique contre les spectateurs de la représentation de la pièce «Malédiction» en avril dernier n’ont pas été tenus responsables de leurs actes. Maintenant, encouragés par leur impunité, les nationalistes planifient une attaque brutale contre les artistes et le siège du théâtre.

Il est de notre devoir de citoyens pour défendre les valeurs démocratiques fondamentales.

Non au musellement des artistes !

Non à la terreur nationale-catholique !

Non à l’assassinat de la démocratie !

Nous appelons nos concitoyens à résister à la vague croissante de l’oppression nationale-catholique.

Fondation Kazimierz Lyszczynski, Pologne

Voir aussi :

Actualités : La Fondation Kazimierz Lyszczynski dénonce l’Église Catholique Polonaise et ses voyous

Déclaration de la FKL sur la défense de la liberté de création artistique, Fondation Kazimierz Lyszczynski, 2017-04-27

La Fondation Kazimierz Lyszczynski s’élève avec fermeté contre une nouvelle agression idéologique contre la liberté d’expression, l’expression artistique et l’art en Pologne.

Après une longue campagne de haine développée dans les médias extrémistes catholiques, des membres de la « Jeunesse de toute la Pologne » ont usé de violences physiques intolérables contre des personnes se rendant au « Théâtre Powszechny » de Varsovie pour assister au spectacle « Klatwa » (Malédiction) d’Oliver Frljic.

Les jeunes nationalistes ont tenté de bloquer par la force l’accès au théâtre et d’empêcher le public d’assister au spectacle. C’est une nouvelle tentative — après les pièces « Golgota picnic » et « La jeune fille et la mort » — de limiter dans la rue et par la violence la liberté d’expression, d’opinion et de conscience en Pologne. Ces attaques inadmissibles contre les valeurs démocratiques fondamentales ont lieu avec l’approbation et à l’instigation de l’Eglise catholique, ceci, avec le consentement du gouvernement.

Cette volonté des hiérarques de l’Eglise d’imposer aux Polonais un modèle d’identité nationale fondé sur l’amalgame d’un fanatisme catholique et de l’ultranationalisme ne détruit pas seulement la démocratie polonaise mais elle compromet aussi les potentialités et les aspirations des Polonais à vivre dans un pays libre et moderne, appartenant à la famille des nations européennes.

L’accusation publique de « blasphème » de l’épiscopat polonais à l’encontre des créateurs et des interprètes du spectacle « Klatwa » est l’expression même de l’arrogance croissante des évêques polonais. Rappelons que le délit de blasphème n’existe pas en droit polonais. Ce vocabulaire est tiré du tristement célèbre droit canon sous couvert duquel la (Non-sainte) Inquisition a torturé et tué de façons horribles des dizaines de milliers de personnes en Europe. Dans les pays démocratiques ce droit n’est pas applicable ou est moribond.

Les tentatives de le ressusciter et de rallumer les bûchers en Pologne nous rappellent les pages les plus sombres de l’histoire de l’humanité comme de celle de l’Eglise. Les autorités de l’Eglise comme leurs alliés politiques se retrouvent de fait dans le même camp que les islamistes avec leurs traitements barbares des soi-disant « blasphémateurs » dans les pays qu’ils dirigent.

Nous nous opposons à l’introduction de la terreur idéologique en Pologne et témoignons de toute notre solidarité à ses victimes. Nous apportons tout notre soutien à la manifestation pour la liberté de pensée et d’expression qui sera organisée le dimanche 30 avril prochain à 16h 30 devant le « Théâtre Powszechny » (20 rue Jan Zamoyski) par le mouvement des « Citoyens solidaires dans l’action ».

Nous appelons tous nos concitoyens à faire barrage à la vague montante d’oppression catho-nationaliste.

Actualités : Un mouvement universaliste et laïque au Maroc

Un mouvement universaliste et laïque au Maroc, Rose St-Pierre, L’AUT’JOURNAL, 2017-04-18

Entre Paris et Rabat, vit et milite une activiste marocaine bien connue : Ibtissame Lachgar, alias Betty. Cofondatrice du Mouvement Alternatif pour les Liberté Individuelles (M.A.L.I.) avec la journaliste Zineb El Rhazoui (anciennement au Charlie Hebdo), elle est aussi l’une des premières Marocaines à assumer publiquement son athéisme. Ibtissame défend la communauté LGTBQIA+ et la dépénalisation de l’avortement, de même que des positionnements sociaux et politiques qui font réagir. Psychologue clinicienne de formation, spécialisée en criminologie et victimologie, mais surtout féministe audacieuse et scandaleuse, […]

Comment décririez-vous le mouvement M.A.L.I? Quelle est votre raison d’être?

M.A.L.I, qui veut dire « qu’ai-je de différent? » en arabe, est un mouvement alternatif, un mouvement avant-gardiste. Le noyau de nos actions concerne la défense des libertés individuelles au Maroc, mais nos pistes d’actions sont multiples : nous nous attaquons et remettons en question l’omniprésence de la religion musulmane (religion d’État) dans l’espace public, nous luttons contre la torture et la peine de mort, nous organisons des actions pro-choix et nous défendons les droits et l’émancipation des femmes et des minorités religieuses. Nous souhaitons que tout citoyen puisse mener une vie qui lui permette de s’épanouir, que chacun soit libre de pratiquer la religion de son choix ou de n’en pratiquer aucune – et à ce sujet, que des mariages civils soient réalisables – et que nous soyons tous et toutes en mesure de nous exprimer librement. En fait, nous avons construit le seul mouvement universaliste et laïque au Maroc. Et c’est important : nous insistons beaucoup sur cette universalité. […]

Nous avons par exemple organisé un pique-nique symbolique afin de condamner l’article 222 du Code pénal marocain et lutter en faveur de la liberté de conscience qui n’existe pas au Maroc — dans la nouvelle constitution non plus —. L’article 222 condamne à 6 mois de prison toute personne « notoirement connue » pour son appartenance à l’Islam et qui rompt ostensiblement le jeûne en public… Notoirement connue ? Par qui ? Comment ? Nous dénonçons fermement cette dictature religieuse, qui définit les Marocains de facto comme musulmans de la naissance à la fin de leurs jours.

En quoi votre combat est urgent et essentiel?

[…] Nous vivons dans un pays où l’Islam est religion d’État, où le roi Mohamed VI est le « commandeur des croyants » (et des croyantes d’ailleurs…). C’est l’équivalent d’un pape. Le Maroc se veut donc une monarchie absolue de droit divin ; un principe selon lequel tout pouvoir est censé venir de Dieu en opposition au droit naturel. Nous sommes clairement dans un système théocratique. Les lois sont fondées sur le religieux, des lois rétrogrades et misogynes, ce qui sous-entend vivre sous tutelle de l’État, des lois et des hommes en ce qui concerne les femmes et les enfants. […]

Justement, qu’en est-il de la situation des minorités sexuelles au Maroc?

En ce qui concerne la liberté sexuelle, l’homosexualité est « interdite » et « illégale » et celui ou celle qui s’en rendra « coupable » sera jugé, condamné puis emprisonné. Les conditions d’arrestation, les interrogatoires et les conditions de détention sont souvent violentes… L’homosexualité est encore considérée comme un péché. Les personnes homosexuelles sont victimes de harcèlement, d’intimidations, de menaces et d’actes de violence homophobes. Les arrestations sont fréquentes. Il ne faut pas oublier qu’en plus d’être une société foncièrement patriarcale, le fondamentalisme religieux et un certain islam rigoriste occupent de plus en plus de place. Au Maroc, l’homophobie est institutionnalisée et étatisée. […]

Et dans le cas de la situation des femmes et du mouvement féministe au pays?

[…] nous exigeons un monde où femmes et hommes jouissent des mêmes droits et des mêmes libertés. Nous essayons de pointer et de décortiquer cette idéologie misogyne qui considère les femmes comme inférieures et qui use de mécanismes d’asservissement et de contrôle pour les maintenir dans cette position. Les réseaux sociaux sont essentiels à ce niveau parce qu’ils nous permettent de combattre les idées préconçues. Nous luttons pour les droits des femmes au Maroc, dans un pays où la très grande majorité de la population est musulmane. Ce sont donc bien ces causes-là que nous défendons le plus pour toutes les femmes au Maroc, victimes de lois et traditions phallocrates. Notre féminisme universaliste lutte contre la domination masculine et le patriarcat dont les femmes, musulmanes, en premier lieu, sont victimes à travers des lois qui sont en leur défaveur. Nous critiquons les textes religieux, le droit divin, ainsi que toutes les lois marocaines qui en découlent. Les principaux combats menés actuellement concernent les inégalités dans l’héritage, le mariage des mineures, le viol et en particulier le viol conjugal — qui n’est pas condamné au Maroc, mais perçu comme un devoir conjugal —, le harcèlement dans les lieux publics et l’invisibilisation du travail domestique. Nous dénonçons aussi les conséquences dramatiques de l’avortement clandestin, un véritable business pour certains médecins.

[…] Pour que la lutte féministe puisse progresser, pour une véritable égalité de genre, je rejette la notion d’intersectionnalité et toute question de relativisme culturel. De même que les droits des femmes sont universels, la lutte contre la domination masculine ne connaît ni frontière, ni religion, ni couleur de peau. Mêmes droits pour toutes et tous, mêmes droits pour toutes les femmes. Et tout est question d’éducation! Celui qui épouse le relativisme s’engage au conformisme social ou légal, […] En bref, il n’existe pas de droits humains musulmans, pas plus qu’un féminisme islamique. « Halaliser » les droits humains exclut certains droits — des minorités sexuelles par exemple —, « halaliser » les droits des femmes est un contre-féminisme à mon sens. […]

Affiche avortement MALI
Cliquer pour agrandir

Une jeune femme courageuse, un mouvement avant-gardiste et véritablement progressiste dans un pays de tradition musulmane.

Voir aussi :

Actualités : L’Université Laval fait de la propagande religieuse

Contre le prosélytisme religieux à l’Université Laval, Claude Simard, Le Devoir, 2017-04-22

Claude Simard est professeur retraité de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

La Faculté de théologie et des sciences religieuses de l’Université Laval vient de se doter d’une nouvelle chaire en « missiologie protestante évangélique ». Cette chaire a été rendue possible grâce à une allocation de 420 000 $ versée par des donateurs évangéliques du Canada et des États-Unis. […] En effet, le protestantisme évangélique est, avec l’islam, la confession qui croît le plus dans le monde d’aujourd’hui, particulièrement en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

Mais qu’est-ce donc que la « missiologie » ? Ce néologisme aux allures savantes est censé désigner la partie de la théologie qui s’intéresse à l’activité missionnaire des églises. Il pourrait s’agir d’une discipline proprement universitaire si le phénomène des missions était étudié d’un point de vue non partisan et critique, sans finalité prosélytique, sous un angle strictement historique, sociologique, anthropologique, philosophique ou communicationnel, ce qui n’est manifestement pas le cas de cette chaire.

[…], on met l’accent sur le caractère appliqué de la missiologie en soulignant sa contribution à l’amélioration des moyens de propagation de la foi. […] en clair, la chaire formera pour les églises de bons agents de propagation de la foi.

Pas sa place à l’université

L’université a comme tâche essentielle de faire avancer le savoir sur les divers phénomènes naturels et humains selon les principes de la rationalité et de l’objectivité. Elle n’a absolument pas à soutenir l’entreprise d’endoctrinement qu’est l’activité missionnaire des églises. […]

Ce retour en force du religieux à l’université signifie qu’elle renonce à l’héritage des Lumières et retourne au Moyen Âge pour redevenir un lieu favorisant autant le croire que le savoir. […]

Selon le beau principe du « dialogue interreligieux » clamé par la Faculté de théologie et des sciences religieuses, il conviendrait d’implanter une autre chaire en missiologie, en l’occurrence musulmane, afin de tenir compte de la deuxième religion du monde. Les donateurs ne manqueraient pas : l’Université Laval pourrait entre autres solliciter la générosité de la richissime théocratie islamique de l’Arabie saoudite, qui, experte en missiologie musulmane, a réussi à répandre, en l’espace d’à peine quarante ans, l’islam wahhabite à travers la planète. […]

Université Laval

Il s’agit d’une instrumentalisation inacceptable d’une institution d’enseignement publique afin de faire du prosélytisme religieux et une autre preuve que les facultés de théologie canoniques dans les universités publiques sont des anachronismes. La théologie est une pseudoscience, une coquille vide, une absurdité.

Voir aussi :

Actualités : Europe : Les entreprises peuvent interdire les signes religieux

Europe : les entreprises peuvent interdire le voile sous conditions, Jean-Baptiste Jacquin, Le Monde, 2017-03-14

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu son avis mardi concernant les cas de deux femmes musulmanes licenciées en France et en Belgique. Les entreprises privées ont le droit, sous conditions, d’interdire le port du voile à leurs salariées. Telle est la réponse donnée mardi 14 mars par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). […]

La Cour de Luxembourg précise néanmoins le cadre dans lequel une telle mesure peut être mise en œuvre sans être discriminatoire. Il faut en premier lieu qu’un règlement intérieur de l’entreprise prévoit l’interdiction pour les salariés de porter sur le lieu du travail des signes visibles de leurs convictions politiques, philosophiques ou religieuses. Il n’est pas question de pouvoir cibler une confession plus qu’une autre. Mais, poursuit la cour, si cette règle aboutit à une « discrimination indirecte », à savoir que seules les femmes musulmanes choisissant de porter le voile sont concernées par la mise en œuvre de cette règle, il faut que cela soit « objectivement justifié par un objectif légitime tel que la poursuite par l’employeur, dans ses relations avec ses clients, d’une politique de neutralité ». […]

Une décision raisonnée et nuancée.

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Actualités : La pièce « Djihad » censurée à Québec

Lever la censure sur la pièce «Djihad», Djemila Benhabib, Le Devoir, 2017-03-13

L’automne prochain, les élèves québécois ne verront pas la pièce de théâtre belge Djihad, d’Ismaël Saïdi. La ville de Québec a pris la décision d’annuler une vingtaine de représentations du spectacle prévues dans des écoles de la ville. Nos bureaucrates ont revêtu l’habit des censeurs pour mettre à l’index une création théâtrale, laissant entendre par le fait même que l’art est dangereux, nocif, destructeur pour ces êtres fragiles que sont nos enfants. Attention, danger ! Alors, autant éloigner leurs esprits du mal, c’est-à-dire de la pensée.

Comme beaucoup de mes concitoyens, cette décision de la ville me révolte au plus haut point et me rappelle l’annulation de la conférence que je devais prononcer à la Maison de la littérature de Québec le 12 février dernier. Grâce à la protestation populaire, la conférence est reprogrammée, le 3 mai. Chers compatriotes, organisons la résistance de nouveau ! Je vous demande de monter au front, encore une fois, pour faire reculer la censure. Djihad met en scène l’histoire de trois gamins bruxellois oisifs qui s’envolent sur le front syrien à la recherche de sens. Parler de l’incroyable capacité d’attraction de Daech qui fauche la vie de nos jeunes, vous n’y pensez tout de même pas ? Taire la réalité. Réduire les horizons. Cacher la vérité. Javelliser le discours. Mais au nom de quoi ?

[…] la ville reproche à Ismaël Saïdi d’aborder le phénomène de la « radicalisation » par le prisme « exclusif » de l’islamisme. Pour gagner les faveurs du maire Labeaume, il aurait fallu noyer le poisson dans l’eau, saucissonner la pièce en autant de radicalismes possibles quitte à faire un catalogue IKEA des radicalismes. On croit rêver. Vous souhaitez explorer le phénomène de la radicalisation des musulmans ? Bien. Pour ce faire, avez-vous réfléchi à la radicalisation des bouddhistes et à celle des amoureux des baleines ? […]

Djemila Benhabib se bat inlassablement pour la liberté d’expression et contre les Islamistes qui menacent cette liberté.

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Actualités : La police enquête sur des imams montréalais

Le SPVM enquête sur des imams montréalais, Ils auraient appelé à la destruction des Juifs, Améli Pineda, Journal de Montréal, 2017-03-09

La police de Montréal enquête sur des vidéos d’imams montréalais qui tiendraient des propos jugés antisémites.

Les vidéos auraient été filmées en 2014 au Centre islamique Al-Andalous dans l’arrondissement de Saint-Laurent à Montréal.

L’un des imams, Sayyed Al-Ghitaoui, appellerait Allah à «détruire les Juifs maudits», à les «tuer un par un» et à «rendre leurs enfants orphelins et leurs femmes veuves».

L’autre, Wael Al-Ghitaoui, actuel imam de la mosquée, aurait quant à lui commenté le conflit israélo-palestinien en disant que les Juifs avaient été «punis par Allah», qui les a fait «errer sur la terre».

[…]

Voir aussi :

Actualités : Georges Bensoussan relaxé

Eclaircie pour la liberté d’expression : l’historien Georges Bensoussan relaxé, Martine Gozlan, Marianne, 2017-03-07

Le tribunal de grande instance de Paris a lavé de toute accusation l’historien Georges Bensoussan qui était poursuivi, sur dénonciation du Comité contre l’islamophobie en France, pour des propos tenus dans l’émission « Répliques » sur France-Culture. Une éclaircie dans le ciel très chargé du harcèlement judiciaire contre les intellectuels.

Aujourd’hui comme hier, dénoncer l’antisémitisme est un combat. […] C’est le combat de Georges Bensoussan et il vient de remporter une bataille cruciale. Après de longs mois de harcèlement et un pénible procès, le 25 janvier dernier, devant la 17ème chambre correctionnelle, l’historien, conseiller éditorial du mémorial de la Shoah et écrivain, a été lavé ce 7 mars par le tribunal de grande instance de Paris de l’accusation d’incitation à la discrimination et à la haine raciale envers les musulmans.

En cause, des propos tenus lors de l’émission Répliques sur France Culture, où il évoquait l’antisémitisme dans les familles arabes en reprenant un constat du sociologue français d’origine algérienne Smain Laacher. Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Ce verdict, comme celui qui avait innocenté le 17 janvier l’essayiste Pascal Bruckner, constitue une nouvelle éclaircie dans un ciel très chargé pour la liberté d’expression.

Le Comité contre l’Islamophobie en France (CCIF) s’était porté partie civile contre Georges Bensoussan, […]

[…] le CCIF, proche des salafistes, […] ne se résigne pas à sa défaite tant elle est généralement adulée par la pensée dominante, a décidé de faire appel.

Une victoire pour la liberté d’expression et une défaite pour les Islamistes qui cherchent à faire taire leurs adversaires avec de spécieuses accusations d’« islamophobie ». Malheureusement, le CCIF compte faire appel.

Actualités : Le crucifix de retour à l’Hôpital du Saint-Sacrement

Le crucifix de retour à l’Hôpital du Saint-Sacrement, Pierre-Olivier Fortin, Journal de Montréal, 2017-03-02

[…] Le crucifix de l’Hôpital du Saint-Sacrement, qui avait été retiré dans la controverse à la suite d’une plainte, est bel et bien de retour, jeudi matin. […] Bien que le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec ait défendu énergiquement sa décision de retirer le crucifix et en dépit du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a martelé qu’il s’agissait d’une décision locale propre à chaque établissement, le ministère de la Santé a exigé que le CHU de Québec fasse marche arrière. Dans ses arguments, le ministère évoque le respect et la reconnaissance des religieux qui ont fondé cet hôpital, […]

Une décision anti-laïque et une victoire pour les intégristes. Ce qui est encore plus triste, c’est que Bernard Drainville a appuyé de retour du crucifix. En 2013-2014, Drainville était derrière la Charte de la laïcité proposée par le gouvernement péquiste dont il était ministre. En janvier 2015, en tant que candidat à la chefferie du PQ, il proposait une nouvelle Charte bien diluée. Maintenant, il a apparemment abandonné complètement la laïcité.

Voir aussi :

  • Bernard Drainville et le crucifix : la laïcité, une question de logique, Renart Léveillé, 2017-02-28
    « Si la laïcité est comprise et admise comme excluant les signes religieux de toutes les religions, autant sur les gens que sur les murs, elle ne devrait pas octroyer des privilèges, des « accommodements raisonnables », à celle qui rejoint le plus grand nombre, au nom du patrimoine. »
  • Le crucifix du CHU de Québec : nouvelle victoire des intégristes, Daniel Baril, Voir.ca, 2017-03-02.
    « Il est fortement déplorable que, dans les circonstances, les politiciens se soient avérés incapables de jouer le rôle attendu d’eux, soit d’expliquer à la population que la liberté de conscience et l’égalité des religions exigent la neutralité religieuse des institutions publiques et que cette laïcité ne porte aucunement atteinte au patrimoine religieux ou historique identitaire du peuple québécois ni à la liberté de religion. On ne pouvait évidemment pas s’attendre à une telle intervention de la part du gouvernement anti-laïcité de Philippe Couillard pour qui le mot « patrimoine » est désormais le faux-fuyant pour contourner la laïcité. Sa pitoyable intervention n’a causé aucune surprise. Le plus renversant est plutôt la position prise par l’ex-ministre Bernard Drainville qui a invité, sur sa page Facebook, à signer la pétition pour la remise en place du crucifix. »

Le baron d’Holbach a maintenant son site

J’espère que ce site sera utile aux athées que nous sommes. Il offre gratuitement 11 des livres les plus représentatifs du baron d’Holbach. Il y a aussi une section qui présente ceux qui fréquentaient son salon, une autre avec des jugements, des témoignages, des essais et des études sur le baron. De plus, on trouvera un forum de discussion ainsi qu’une page de contact.

Références :

Le saviez-vous ? Le halal est l’enfant du néoliberalisme et du fondamentalisme

Saviez-vous que, selon l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, auteur de « Le Marché halal ou l’invention d’une tradition », le halal est né industriel, fruit du néolibéralisme et du fondamentalisme ?

Référence : Florence Bergeaud-Blackler : « Le halal est né industriel, fruit du néolibéralisme et du fondamentalisme », par Sonya Faure et Maryam El Hamouchi, 2017-01-05.

Quelques citations :

[…] l’apparition de ces produits « licites » est récente et sert les intérêts des industriels et des franges rigoristes de l’islam. Un « vent mauvais » pour la démocratie, estime la chercheuse.

[…] l’alliance entre néolibéralisme et fondamentalisme religieux a accouché d’un marché inquiétant : le halal s’étend sans cesse et devient un moyen de contrôle des comportements des consommateurs.

Halal signifie « licite » ou « permis » en arabe, c’est l’antonyme de haram, illicite. L’usage théologique du mot désigne la liberté du permis, ce que le musulman peut faire. Mais le marché a transformé le sens du halal, en définissant halal comme le prescrit, pour être un « bon » musulman. Il n’existe pas de norme halal. […]

Je parle d’invention du « marché halal » dans le sens où l’on n’a pas affaire à une coutume ancienne importée des pays musulmans. Ce marché n’a jamais existé dans le monde musulman avant que les industriels ne l’y exportent. La convention du halal naît au tournant des années 70-80. Deux idéologies triomphent sur la scène internationale : d’un côté, le fondamentalisme musulman, avec notamment la proclamation de la République islamique d’Iran en 1979, et, de l’autre, le néolibéralisme, avec Thatcher et Reagan. […]

Ce que j’appelle l’espace alimentaire musulman a longtemps été marqué par le seul interdit du porc. L’abattage rituel était surtout pratiqué lors des cérémonies. Les boucheries islamiques se sont développées assez tardivement à la suite de la réislamisation des années 80. L’offre de halal va rencontrer la demande de la diaspora, pour laquelle la cuisine est une façon de protéger l’intégrité de sa culture, et la stratégie des groupes fondamentalistes qui voient bien que la clôture alimentaire peut aussi être une clôture communautaire. […]

Le fondamentalisme se caractérise par un rapport littéral aux textes et par le fait qu’il se définit comme l’orthodoxie : toutes les autres formes religieuses sont pour lui des déviances. C’est cette logique qui a permis à la convention halal d’exister : l’idée qu’il n’existe qu’une seule façon d’abattre un animal. Dès le départ, cette pratique est donc une idée fondamentaliste, qui va devenir, dans son développement ultérieur, quasi totalitaire : elle doit gouverner l’ensemble de la vie du croyant. […]

Les deux marchés [halal et casher] ne sont pas comparables. La casherout est née il y a plusieurs siècles, avant l’industrialisation. La séparation entre fonctions marchande et religieuse est instituée, même si elle peut être transgressée, et elle a fonctionné pendant des siècles. Le marché halal, lui, est né industriel, fruit du néolibéralisme et du fondamentalisme, il n’y a pas de séparation claire. […]


Le saviez-vous ? Des milliards de fonds publics canadiens sont versés aux organisations religieuses

Saviez-vous que, selon les recherches du professeur Luc Grenon de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, les privilèges fiscaux considérables accordés aux organisations religieuses ne sont pas justifés par bénéfices tangibles offerts à la société ?

[…] parmi les quatre catégories d’organismes de bienfaisance enregistrés (OBE) auprès de l’Agence du revenu du Canada, ce sont les organisations religieuses qui bénéficient le plus de la dépense fiscale liée aux dons de bienfaisance. En 2010, elles récoltaient environ 40 % des dons de bienfaisance au pays, ce qui a occasionné une diminution des recettes fiscales de l’État fédéral estimée à 1,08 milliards de dollars. C’est sans compter que les OBE, dont les organismes religieux, profitent également d’autres allègements fiscaux, étant exemptés d’impôts sur le revenu, de taxes foncières, municipales et scolaires et pouvant récupérer une partie des taxes à la consommation qu’ils sont autrement tenus de payer. Le professeur Luc Grenon, de la Faculté de droit, fouille le sujet depuis quelques années. Et il soulève la question : quelle est la rationalité de voir l’État subventionner l’avancement de la religion au Canada, alors que les bénéfices qu’en tirent la société sont contestables et peu démontrés?[…]

[…] les données objectives colligées à cinq reprises, de 1997 à 2010, indiquent que les organisations religieuses reçoivent la part du lion de cette dépense fiscale. Mais à quelles fins sert l’argent, concrètement?

[…]

Les résultats de la recherche sont frappants! Tout d’abord, parmi les organismes religieux, un peu plus de la moitié (521 sur 1039) déclare investir 100 % de leurs temps et ressources à des activités exclusivement liées à la foi ou au culte religieux. En second lieu, en retenant l’interprétation la plus généreuse, les activités non religieuses – soit celles susceptibles de procurer un bénéfice public tangible – comptent pour à peine 15 %.

Des milliards en fonds publics aux organisations religieuses : charité bien ordonnée?, Le professeur Luc Grenon mène des recherches sur les fondements et les retombées sociales de la dépense fiscale pour dons de bienfaisance, Robin RENAUD, 2013-10-21.

Des privilèges fiscaux considérables sont accordés aux organisations religieuses, toutes confessions confondues. Ces avantages étant supportés par l’ensemble des contribuables, il y a lieu de s’interroger sur les retombées sociales de ce financement étatique, surtout à l’heure où la neutralité de l’État en matière religieuse semble faire consensus au Canada. Par une analyse des déclarations de renseignements produites par les organismes religieux, l’auteur cherche à vérifier si les fonds publics investis en leur faveur peuvent s’expliquer ou se justifier par les services et bénéfices tangibles (non religieux) qu’ils offrent à la société. Il conclut qu’une réponse négative s’impose.

Analyse des bénéfices publics tangibles offerts par les organisations religieuses, Luc GRENON