Pourquoi nous appuyons la Loi 21 : ANNEXE

David Rand, président, Libres penseurs athées

Date de publication : 2020-08-13

Ce texte constitue la traduction française de quelques nouveautés ajoutées à la conférence lors de sa présentation en anglais le 8 août 2020, c’est-à-dire des éléments qui manquaient à la version française présentée précédemment, le 11 juillet 2020.

La toxicité de la mentalité « woke »

  • Le terme américain « woke » veut dire politiquement éveillé, politiquement conscient, surtout en matière de justice sociale. Mais le terme désigne surtout un courant de la gauche politique actuelle qui a abandonné les valeurs des Lumières — des valeurs comme la raison, la tolérance, la liberté, le progrès, l’universalisme, les droits humains et la laïcité —, un courant qui, dans l’ensemble, ne demeure que nominalement de « gauche ».
  • La gauche et la droite politiques se définissent respectivement par leur appui pour les valeurs des Lumières et par leur opposition à celles-ci. Si un courant de gauche abandonne ces valeurs, alors ce courant n’est plus de gauche.
  • Le courant « woke » est devenu dominant parmi les gauchistes et même parmi les centristes. Il ne reste presque plus de gauche véritable.
  • Ce courant s’appelle aussi la (pseudo-)gauche régressive ou la (pseudo-)gauche anti-Lumières.
  • La mentalité « woke » est une force majeure antilaïque.

Les racines politiques et philosophiques du « wokisme »

La mentalité « woke » se base sur plusieurs assises politiques et philosophiques :

  • L’intersectionalité, une idéologie qui affiche une obsession pour les identités personnelles, surtout les identités minoritaires, et qui se résume à un système de points simpliste qui détermine le niveau d’oppression de l’individu selon son nombre d’identités cumulées.
  • Le multiculturalisme, ou le relativisme culturel, une idéologie politique anti-universaliste qui accorde davantage d’importance à l’appartenance ethnique ou religieuse de l’individu qu’aux droits universels ou à la citoyenneté.
  • Le postmodernisme, une philosophie proche du relativisme culturel et insufflée d’un scepticisme à l’égard des idées moderniste d’objectivité, de rationalisme et de savoir.
  • Le défaitisme post-marxiste, une dégénérescence du marxisme, résultant de son incapacité à tenir sa promesse d’un avenir meilleur basé sur les valeurs des Lumières et qui a conduit à blâmer les Lumières elles-mêmes. Aussi connu sous les noms néo-marxisme ou marxisme culturel ou post-marxisme culturel.
  • L’islamogauchisme, une extension du point précédent, une dégénérescence supplémentaire du post-marxisme, dans laquelle la priorité traditionnellement accordée à la classe et à l’économie est désormais remplacée par la défense des minorités, en particulier la minorité musulmane.

Une obsession pour les minorités

  • L’intersectionalité et le multiculturalisme, alliés aux autres ingrédients « woke », forment un mélange toxique qui attache une trop grande importance aux minorités et qui affiche un mépris pour les majorités et pour l’universel. Certaines minorités sont favorisées de manière obsessionnelle, leur accordant une quasi-impunité.
  • Avec l’ajout de l’islamogauchisme à cette soupe, les musulmans bénéficient d’une priorité particulière et de l’impunité, surtout les plus pieux, voire intégristes. Il en résulte une complaisance extrême à l’égard de l’islam et de l’islamisme.. La soi-disant « islamophobie » est condamnée.
  • Tout ce processus devient encore plus toxique avec la non-reconnaissance de certaines minorités. Par exemple :
    • Les Québécois sont rejetés comme de simples blancs (avec toute la négativité que les « wokes » associent à cette « race »), tout en négligeant le préjugé anti-Québécois — pourtant un thème majeur à travers l’histoire du Canada, un préjugé qui est actuellement ravivé par les opposants à la laïcité afin de dénigrer simultanément les Québécois et la Loi 21.
    • Les musulmans laïques sont laissés pour compte. Ils ne correspondent pas aux musulmans stéréotypés, les seuls reconnus par les « wokes », où les femmes portent toutes le voile, où les hommes ont aussi une allure stéréotypée, etc.
    • Les ex-musulmans sont aussi ignorés. Ils correspondent encore moins à l’image qu’ont les « wokes » des gens de culture musulmane.

Tyrannie de la majorité ou tyrannie de la minorité ?

En ce qui concerne la Loi 21, y a-t-il une « tyrannie de la majorité » ? Oui, en effet, mais pas dans le sens prétendu par les opposants à cette loi. La majorité tyrannique, c’est le Rest-of-Canada (ROC) qui vilipende la minorité, les Québécois, pour leur législation progressiste et laïque.

Toutefois, il ne faut pas oublier que beaucoup de Canadiens hors Québec appuient la Loi 21, mais ils se taisent pour la plupart, l’intimidation de la pensée unique étant si forte.

Cette majorité tyrannique est alliée avec une très petite mais très bruyante minorité, les islamistes. Les musulmans laïques sont ignorés.

(Selon ma définition, un islamiste est toute personne qui fait la promotion politique de l’Islam, qui cherche à obtenir pour cette religion du pouvoir, de l’influence ou des privilèges politiques.)

Attitudes à l’égard de signes religieux : Trois études

  1. Antoine Bilodeau, Luc Turgeon, Stephen White et Ailsa Henderson,
    Strange Bedfellows? Attitudes toward Minority and Majority Religious Symbols in the Public Sphere (« Drôle d’alliance ? Attitudes à l’égard des symboles religieux minoritaires et majoritaires dans la sphère publique »)
    ,
    2018-03-08, Politics and Religion
    Ce sondage fait au Québec a trouvé que les gens qui ont des valeurs libérales et une faible religiosité favorisent l’interdiction des signes de toutes les religions, tandis que les gens affichant des préjugés favorisent l’interdiction des signes religieux minoritaires seulement.
  2. Yannick Dufresne, Anja Kilibarda, André Blais and Alexis Bibeau,
    Religiosity or racism? The bases of opposition to religious accommodation in Quebec: Religiosity or racism? (Les bases de l’opposition à l’accommodement religieux au Québec: Religiosité ou racisme ? »)
    ,
    2018-08, Nations and Nationalism, Journal of the Association for the Study of Ethnicity and Nationalism
    Cette étude indique que l’opposition aux accommodements religieux, plus forte au Québec et chez les francophones, trouve ces racines davantage dans le faible niveau de religiosité que dans l’animosité raciale.
  3. Luc Turgeon, Antoine Bilodeau, Stephen E. White and Ailsa Henderson,
    A Tale of Two Liberalisms? Attitudes toward Minority Religious Symbols in Quebec and Canada (« Une histoire de deux libéralismes ? Attitudes à l’égard des symboles religieux minoritaires au Québec et au Canada »)
    ,
    2019-04-24, Canadian Journal of Political Science, Cambridge University Press
    Les chercheurs ont trouvé que les Québécois qui ont des valeurs libérales tendent à favoriser des contraintes sur le port de signes religieux tandis que les Canadiens hors Québec qui ont, eux aussi, des valeurs libérales tendent à s’opposer à de telles contraintes.

Bilan

Les trois études dont nous venons de discuter indiquent que l’appui des Québécois pour la Loi 21 n’est lié ni au racisme ni à d’autres attitudes illibérales.

Ces résultats, bien que très intéressants, ne sont pourtant pas pertinents à la validité de la Loi 21. Même si 100 % des Québécois étaient racistes, xénophobes, etc., la Loi 21 demeurerait tout de même valide, une législation progressiste, car elle n’est ni raciste ni discriminatoire.

La Loi 21 n’est pas raciste car elle n’a rien à voir avec la race. Elle traite de laïcité et de religion.

La Loi 21 n’est pas discriminatoire car elle s’applique également à toute personne et à toutes les religions.

L’interdiction des signes religieux imposée par la Loi 21 est une petite et raisonnable contrainte sur la pratique religieuse (et non sur la croyance religieuse), afin de protéger la liberté de conscience des usagers des services civils et des étudiants dans les écoles publiques.

Conclusion

Loi 21

Le Québec
est à l’avant-garde
des continents américains
en matière de laïcité.

Liens


Un commentaire sur “Pourquoi nous appuyons la Loi 21 : ANNEXE
  1. André Chevalier dit :

    «… les Québécois qui ont des valeurs libérales tendent à favoriser des contraintes sur le port de signes religieux»
    Ça prête à confusion!!
    Ne devrait-on pas dire plutôt «… favoriser des restrictions au port…

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