Blogue 110 : Le Québec se déclare formellement laïque

David Rand

2019-06-21

Le 16 juin 2019 : une journée historique pour le Québec et une grande victoire et pour la laïcité et pour la démocratie : l’Assemblée nationale adopte la Loi 21, « Loi sur la laïcité de l’État ». Malgré ses faiblesses et ses lacunes, en particulier au niveau de la fiscalité, cette loi fait du Québec un État formellement laïque et enchâsse cette laïcité dans la Charte.

L’opposition a chialé contre le fait que le gouvernement de la CAQ a utilisé le bâillon pour couper court aux débats et faire adopter la loi plus rapidement. Pourtant, le bâillon est un outil parlementaire utilisé maintes fois dans le passé par divers gouvernements. Il aurait été inutile de laisser poursuivre ces soi-disant « débats » qui se résumaient à la répétition ad nauseam par cette opposition des mêmes arguments fallacieux (pour ne pas dire toxiques et hystériques), des mêmes accusations gratuites contre le gouvernement et du même mépris pour le peuple qui appuie massivement cette loi.

Juste avant son adoption, plusieurs amendements ont été apportés au projet de loi :

  • Une définition claire et nette de signe religieux :
    « Au sens du présent article [6], est un signe religieux tout objet, notamment un vêtement, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire ou un couvre-chef qui est :

    1. soit porté en lien avec une conviction ou une croyance religieuse;
    2. soit raisonnablement considéré comme référant à une appartenance religieuse. »
  • Des mesures pour surveiller l’application de la loi et pour répondre à des cas de non-conformité s’il y a lieu.
  • Un nouveau droit qui stipule que :
    « Toute personne ait droit à des institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires laïques ainsi qu’à des services publics laïques »
[…] un important droit d’envergure […] le droit à des services laïques fournis par les institutions de l’État.

Chacun de ces trois amendements constitue une amélioration et un renforcement de la loi. Le premier ajoute à sa clarté. Le second est nécessaire, car une loi sans modalités de mise en vigueur est une loi inefficace. Mais c’est le troisième amendement qui est le plus significatif, car il accorde aux citoyens et aux citoyennes un moyen de faire valoir un important droit d’envergure mais qui toutefois n’est que rarement reconnu : le droit à des services laïques fournis par les institutions de l’État. Cette disposition corrige, en partie du moins, le problème posé par la clause dite « grand-père » qui permettrait aux employé(e)s déjà en poste au moment de la publication du projet de loi de garder leurs signes religieux. Un parent d’élève dont l’enseignant(e) porte un signe religieux peut maintenant obliger l’école à fournir à l’élève un environnement dépourvu de tels signes.

Les opposants de cette législation l’ont maintes fois accusée, faussement, de bafouer des droits. Au contraire, cette loi retire des privilèges aux religions — le privilège de pouvoir faire la promotion de leur idéologie dans la fonction publique — et elle protège et étend les droits d’au moins deux façons. Premièrement, en supprimant les signes religieux portés par les fonctionnaires en position d’autorité, elle aide à protéger la liberté de conscience des usagers et des élèves. Deuxièmement, avec cet amendement, elle bonifie les droits en y ajoutant le droit à des services laïques, libérées d’ingérence religieuse.

Cette loi est donc particulièrement importante et bénéfique pour les filles de parents musulmans, offrant à ces filles la possibilité d’une plus grande autonomie par rapport à leur communauté religieuse.

Les principaux gagnants de cette nouvelle loi : les enfants à l’école et les femmes musulmanes — les enfants puisqu’ils seront mieux protégés dans un système scolaire avec moins d’affichage religieux ; les Musulmanes puisque cette loi les aidera à résister à la pression de porter le voile, une pression qui vient des islamistes qui instrumentalisent le voile à leurs fins politiques. Cette loi est donc particulièrement importante et bénéfique pour les filles de parents musulmans, offrant à ces filles la possibilité d’une plus grande autonomie par rapport à leur communauté religieuse.

Mais cette loi sera bonne pour le tout le monde (sauf, bien sûr, les intégristes) car elle aide à protéger la liberté de conscience de tous et de toutes, femme, homme, enfant, adulte, peu importe ses convictions religieuses. L’amendement qui stipule le droit de toute personne « à des services publics laïques » est un garant manifeste de cette protection.

Il y a bien sûr un certain nombre de femmes musulmanes qui crient haut et fort leur détermination à porter le voile coûte que coûte, leur opposition à la Loi 21 et leur haine pour le gouvernement et le peuple qui l’ont adoptée, mais elles sont loin d’être majoritaires. Ces femmes voilées, de concert avec les antilaïques (qui se cachent derrière l’euphémisme « multiculturalisme »), constituent les alliées objectives de l’extrême-droite islamiste intégriste.

La contestation de la Loi 21 a commencé tout de suite après son adoption. Ceci n’est aucunement surprenant. Nous savons à qui nous avons affaire. Une étudiante voilée, Ichrak Nourel Hak, lance une poursuite contre la loi, appuyée par le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), les mêmes deux associations qui se sont attaquées à la seule disposition de la loi 62 (adoptée sous le gouvernement du PLQ) qui avait un tant soit peu de mérite, son article 10 qui interdisait les couvre-visage dans la fonction publique.

Comme l’observe si justement Loïc Tassé : Le conflit autour de la laïcité est un conflit entre la démocratie et le fondamentalisme religieux. Ce conflit se joue, entre autres, devant les tribunaux. Comme l’observe Fatima Houda-Pepin, « Nous sommes à l’ère du djihad juridique. Un combat idéologique mené de l’intérieur des démocraties occidentales. »

L’aspect le plus positif et le plus prometteur de cette loi est sans doute le fait de déclarer formellement que l’État du Québec est laïque et d’inscrire ce principe dans la Charte des droits et libertés de la personne. Cette disposition constitue un outil législatif puissant qui permettra de compléter la laïcisation de l’État à l’avenir. Il est important, par exemple, de supprimer le programme Éthique et culture religieuse (ÉCR), ou du moins son volet « culture religieuse », car ce cours endoctrine les élèves en une vision édulcorée et communautariste des religions. Toutes les facultés de théologie doivent être retirées des universités qui recoivent des subventions publiques et tous les programmes de soi-disant « sciences religieuses » doivent être passés en revue. Il est important aussi d’étendre l’interdiction des signes religieux aux écoles privées, aux CPE, finalement à toute la fonction publique.

Mais la question qui serait sans doute la plus prioritaire, la grande oubliée de la Loi 21 que celle-ci ne mentionne même pas, c’est la fiscalité, c’est-à-dire les avantages et privilèges fiscaux dont jouissent les institutions religieuses depuis longtemps. Des chiffres exacts sont difficiles à obtenir, mais les coûts pour les contribuables doivent s’élever à des centaines de millions de dollars ne serait-ce que pour le Québec. Le problème découle principalement du fait que le Québec accepte la définition fédérale d’organisme de bienfaisance qui inclut parmi ses critères l’avancement de la religion. Le quotidien Le Devoir a récemment édité un dossier important à ce sujet, débutant par l’article Quand l’État fait vœu de pauvreté. L’association Pour les droits de femmes du Québec (PDF-Q), qui, comme nous de LPA, participe au Rassemblement pour la laïcité, a abordé la question d’une révision complète du système de fiscalité, présentement favorable aux religions, devant la commission parlementaire qui étudiait le projet de loi 21.

Il faut que les militants laïques accordent à ce dossier des privilèges fiscaux des religions une grande priorité dans les mois et années à venir. L’adoption de la Loi 21 nous donne une belle ouverture pour le faire.

Quant aux hypocrites qui se disent « séculiers » mais qui s’opposent à la Loi 21, ils ont maintenant à choisir entre deux voies : poursuivre leur alliance avec l’extrême-droite religieuse ou, par contre, opter pour la démocratie, la modernité et la laïcité.


Note : Je remercie Me François Côté pour ses réflexions très utiles, affichées sur Facebook, au sujet de l’amendement sur le droit à des services publics laïques.


10 commentaires sur “Blogue 110 : Le Québec se déclare formellement laïque
  1. Marco De Rossi dit :

    Excellent comme toujours!

    4e avant dernier paragraphe: L’aspect le plus positif ET le plus prometteur

    Pas seulement ECR mais aussi tous les programmes d’études religieuses dans les université

  2. Michel Belley dit :

    Je suis bien d’accord avec la majeure partie de votre texte, exception faite de l’abolition du cours ECR et des départements de théologie des universités. Éliminer le cours ECR, c’est faire l’affaire des religieux qui veulent l’éliminer aussi, et favoriser l’endoctrinement des jeunes dans une seule religion. Éliminer les facultés de théologie, c’est éliminer la meilleure critique possible des religions, soit leur analyse historico-critique ainsi que l’analyse des textes (exégèse) religieux.

    Le cours ECR a, bien sûr, plein de défauts, et devrait être amélioré et réformé en profondeur, mais pas éliminé. Même dans sa forme actuelle, le simple fait de montrer aux jeunes qu’il existe plusieurs religions, et qu’elles se contredisent toutes, favorise justement la remise en question de leurs croyances et, par ce fait, favorise l’athéisme. L’abolition de ce cours ne fera que remettre l’enseignement des religions dans les mains des parents et de leurs prêtres, imams, preachers ou gourous préférés. Ces jeunes n’auront donc plus aucun contact avec les autres pensées religieuses, et seront donc endoctrinés plus efficacement. Est-ce bien ce que vous voulez ?

    Le cours ECR devrait effectivement être amélioré, avec une place plus grande pour l’athéisme, qui est dominant au Québec. Les croyances religieuses doivent aussi être comparées avec des analyses historico-critiques et scientifiques. Les jeunes doivent apprendre que le déluge et la création du monde sont des mythes religieux qui ne sont pas supportés par les découvertes historiques. Ils doivent ainsi pouvoir faire la différence entre l’histoire comme science et les histoires fictives des textes religieux, et entre les croyances, les faits et les théories scientifiques. Il serait bon aussi qu’ils puissent reconnaitre que la morale n’est pas qu’issue de la religion. Bref, ce programme devrait être bonifié.

    Quant aux facultés de théologie, il ne faut pas oublier que les meilleures critiques des religions proviennent justement de théologiens. Eux sont capables d’étudier les textes dans leur contexte culturel historique et, dans bien des cas, ils peuvent remettre en question des dogmes religieux. Bien sûr, ces facultés peuvent être incorporées dans des facultés de sciences des religions ou, encore mieux, associées aux départements de psychologie et de sociologie. Les programmes actuels devraient incorporer davantage de cours d’anthropologie, de psychologie et de neuropsychologie, pour que les étudiants puissent mieux évaluer l’origine des croyances.

    Michel Belley
    Chimiste athée possédant une mineure en sciences des religions (2018)

    • David Rand dit :

      NON et NON.

      Au sujet de programme ÉCR, il est extrêment naïf de penser que “Même dans sa forme actuelle, le simple fait de montrer aux jeunes qu’il existe plusieurs religions, et qu’elles se contredisent toutes, favorise justement la remise en question de leurs croyances et, par ce fait, favorise l’athéisme.” Les jeunes savent déjà qu’il existe plusieurs religions, bordel ! Pas besoin d’un cours obligatoire durant de nombreuses années pour leur rappeler cette évidence. D’ailleurs, ce cours ne favorise PAS la remise en question des croyances. Ce cours est un endoctrinement en communautarisme. Il apprend aux enfants que toutes les religions sont sympas, que tout le monde devrait en avoir une, et que les critiquer relève de l’intolérance. Ce cours n’est pas réformable.

      Quant aux facultés de théologie, quelle est la proportion des theologiens qui contestent sérieusement les dogmes de leur religion ? Une petite minorité il me semble. Cela ne justifie aucunement des FACULTÉS universitaires entières dédiées à cette foutaise.

      Suggestions de lecture sur le programme ÉCR :

      Le PQ, la CAQ et l’abolition du programme ÉCR
      https://www.atheologie.ca/blogue-106/
      « Au fond, ÉCR constitue de l’endoctrinement religieux et de la propagande politique car, non seulement présente-t-il une vision édulcorée des religions, mais en plus il dénigre la critique des pratiques religieuses, sous prétexte que cette critique serait une forme d’intolérance, et prend carrément position contre toute interdiction de signes religieux. »

      Actualités : Les lauréates du Prix Condorcet-Dessaulles demandent le retrait du volet « culture religieuse » du cours ÉCR
      https://www.atheologie.ca/2018-12-19-laureates-prix-condorcet-dessaulles-demandent-retrait-culture-religieuse/

      Actualités : Seize Québécois-es de culture musulmane contre l’image stéréotypée véhiculée par ÉCR
      https://www.atheologie.ca/2017-08-29-contre-image-stereotypee-musulmanes-ecr/

      Il faut abolir le volet « culture religieuse » du programme ÉCR
      https://www.atheologie.ca/special/contre-ecr/

      Sept bonnes raisons pour s’opposer au cours Éthique et culture religieuse
      https://www.atheologie.ca/blogue-009/
      « Le cours ÉCR ne vise pas à former l’esprit critique face aux allégations des religions. … on ne trouve aucune suggestion d’activité qui vise cet objectif. »

      • Michel Belley dit :

        Pourquoi garder et améliorer le cours ECR?

        L’un des problèmes majeurs avec les religions, c’est qu’elles sont malheureusement là pour rester. Les biais cognitifs associés à notre cerveau nourrissent les croyances farfelues de toutes sortes. Par exemple, le biais d’agent nous mène à croire que les objets inanimés ou des entités invisibles sont présents et dotés d’intentions, et notre désir ardent de trouver des explications aux événements de la vie permet l’établissement et la promotion de croyances non fondées.

        Le sujet des croyances et des religions, à cause de leur impact profond sur bien des individus, se doit donc d’être abordé à l’école, et c’est l’une des raisons de l’établissement du cours ECR. Parmi les buts de ce cours, on a bien sûr le développement de l’éthique, la compréhension du phénomène religieux et la pratique du dialogue — respectueux — entre personnes de croyances différentes (Hirsch). À 20 minutes par semaine pour le volet culture religieuse, c’est un bien gros défi !

        David Rand, vous mentionnez : « les jeunes savent déjà qu’il existe plusieurs religions, bordel ! » Il y a une énorme différence entre savoir qu’il y a plusieurs religions qui existent, et savoir ce qu’elles contiennent. Les jeunes issus de familles religieuses vont majoritairement croire soit 1) que toutes les religions de valent, et qu’elles font toute la promotion d’une croyance en un dieu aimant et juste, soit 2) que seule leur religion est la bonne, et que les autres sont dans l’erreur. Dans ce dernier cas, ils peuvent croire que les autres religions sont influencées par des forces du mal ; que leurs adhérents, et tout comme les athées, iront éternellement en enfer ; qu’on doit s’éloigner d’eux et les considérer comme une espèce inférieure et dangereuse.

        Le cours ECR permet de mettre ces jeunes croyants face aux autres croyances, et de leur montrer que d’autres croient aussi fortement à leurs dogmes. Même s’il n’y a pas de critique des dogmes, cela peut mener les jeunes à se questionner. De plus, favoriser le dialogue entre ces jeunes, malgré leurs croyances différentes, est un but louable, qui favorise la tolérance face aux autres croyances et face à l’athéisme. Cela peut aussi permettre de combattre le fondamentalisme religieux, surtout si on en arrive à montrer aux jeunes qu’il y a différentes écoles de pensée à l’intérieur même des religions établies.

        N’oubliez pas non plus qu’une des raisons pour laquelle les chrétiens voulaient l’abolition du volet culture religieuse, c’était « qu’ils estimaient que l’exposition neutre à plusieurs croyances religieuses différentes affaiblirait le niveau de croyance dans la religion qu’ils souhaitaient pour leurs propres enfants » (Hirsch). Abolir ce cours revient donc à favoriser l’endoctrinement par des parents ou des gourous (prêtre, imam, preacher, sorcier, etc.), parfois fondamentalistes, sans que cet endoctrinement soit questionné par des croyances alternatives.

        Par ailleurs, ceux qui croient que toutes les religions professent la croyance en un dieu unique seront surpris par le polythéisme de l’hindouisme et l’athéisme du bouddhisme. Devant toutes ces croyances contradictoires, j’ai écrit plus haut que cela pourrait favoriser une prise de conscience et, par après, l’athéisme. C’est d’ailleurs ce que m’a confirmé un commissaire, chargé d’engager de futurs enseignants dans sa commission scolaire : le cours ECR favorise l’athéisme des élèves, et ce, même si l’athéisme n’est pas abordé dans le cours (excepté en Sec III).

        Bien sûr, ce cours a besoin d’améliorations (voir mon message précédent). Les manuels sont pleins de stéréotypes, mais, heureusement, ils sont peu utilisés par les professeurs (Hirsch, et ma petite enquête personnelle auprès d’étudiants universitaires au bacc. en enseignement). Mme Hirsch mentionnait aussi que ce cours devait favoriser le développement de l’esprit critique des élèves face aux religions. Est-ce le cas ? Il y aurait des sondages à faire à ce sujet ! Pour l’instant, il semble que nous n’ayons que des témoignages contradictoires (incluant le mien), et cela n’a aucune valeur scientifique.

        Quant à l’enseignement de l’histoire des religions dans des cours d’histoire, bien que ce soit une excellente suggestion, cela ne pourrait pas se faire avant longtemps. Il faudrait former les futurs professeurs d’histoire pour cela. Il est plus simple de garder un cours imparfait, et de l’améliorer avec le temps, plutôt que de l’éliminer et de favoriser la montée des intégrismes religieux.

        En tant qu’athées, ne nous tirons pas dans le pied en éliminant cette source de questionnement des croyances religieuses ! Ce n’est pas en évitant d’en parler qu’on va améliorer les choses, mais c’est en évitant d’en parler qu’on va laisser la voir libre aux extrémismes !

        Je recommanderais même d’additionner à ce cours quelques notions de philosophie favorisant le développement de l’esprit critique (ce que bien d’autres ont suggéré avant moi). Une heure par semaine, ce n’est donc pas suffisant !

        Référence : Sivane Hirsch, Compte-rendu de sa conférence : Le Programme ECR, Québec sceptique no 91 p 66-72

        • David Rand dit :

          Vous ignorez complètement le fait — d’une importance capitale — qu’il s’agit d’un cours obligatoire donné à des enfants depuis un très jeune âge, trop jeune pour cultiver une approche critique. Au fait, une approche critique à la religion manque complètement au programme ÉCR. C’est un cours d’endoctrinement du communautarisme. C’est son but, et c’est ce qu’il fait. C’est de la propagande “multiculti” et c’est irréformable. Ce cours ne favorise certainement pas l’athéisme. Il favorise plutôt la complaisance écervelée à l’égard de l’ensemble de croyances religieuses et passe sous silence l’extrême dangérosité de beaucoup de ces croyances.

          Si ÉCR est acceptable, alors pourquoi pas un cours OBLIGATOIRE d’astrologie ou plutôt astrologies (occidentale, chinoise, indienne, maya, etc.), donnés aux enfants depuis le début de l’école primaire? Cela vous plairait sûrement.

          Des cours obligatoires de religion et d’idéologie communautariste (ou d’astrologie) sont incompatibles avec la laïcité.

          • Michel Belley dit :

            Vous conviendrez avec moi que l’astrologie n’est pas dangereuse, et que peu de personnes y croient autant que les religions. Les religions sont un phénomène social important, et elles sont dangereuses. On doit tenter d’y répondre d’une certaine façon, au moins en enseignant aux enfants ce que sont des croyances et des mythes.

            Quant au scepticisme face aux religions, il est vrai que les jeunes du primaire ne le développeront pas. Par contre, le simple fait de parler des autres religions va laisser planer des questions et des doutes dans leurs têtes. C’est la première étape, primordiale, pour lancer la réflexion. Plus tard, probablement à l’adolescence, ils feront des comparaisons et développeront leur scepticisme. Pour propager les croyances religieuses, tous les prêtres, imams et gourous ciblent les jeunes. S’ils sont leur seule source « d’information spirituelle », ces jeunes seront convaincus de la justesse de leurs croyances. Nous devons instiller le doute !

            En l’absence de toute discussion sur les religions, le fondamentalisme religieux va s’installer de plus en plus. Présentement, la seule initiative pour diminuer ce fondamentalisme, c’est le cours ECR, mais il doit être amélioré. Si vous l’éliminez, comment pensez-vous combattre et critiquer ce fondamentalisme ? Vous allez laisser libre cours aux extrémismes, sans aucune possibilité de montrer que chaque religion a une multitude d’écoles de pensée différentes…

            Un grand pourcentage de la population tient mordicus aux religions. C’est leur béquille. La meilleure façon de montrer ce que sont les religions, c’est de ne pas laisser seulement les prêtres et autres gourous faire ce qu’ils veulent. Éliminez ECR et vous allez leur faire un plaisir immense !

    • Réal Boivin dit :

      Le cour ECR n’a jamais eu pour but de démontrer aux enfants endoctrinés qu’il y a d’autre façon de croire ou de pratiquer.Les enfants endoctrinés sont imperméables aux autres religion. Ce cour a été conçu pour réintroduire le religieux dans la tête de la population en commençant par les enfants.

      Le but de ce cour est de faire croire aux enfants que les religions sont des cultures au même titre que la culture québécoise et acadienne alors qu’il n’en est rien. Sinon le cour se nommerait Éthique, cultures et religions. De plus, ce cour inculque aux enfants que les croyances religieuses sont un mode de penser valable et met sur le même pied d’égalité le créationnisme et l’évolution des espèces.

      Tant qu’aux écoles de théologies nommées pompeusement Sciences religieuses (usurpant le titre de sciences) elles n’ont rien à faire dans les universités payées par l’état, qui doivent être des endroits qui font avancer les connaissances , pas les croyances.

  3. Marco DeRossi dit :

    Le cours d’ÉCR servait à maintenir le fait religieux comme une dimension importante dans la société. Il n’y a rien de positif à faire l’éloge des croyances dans un monde imaginaire.
    Sortons la religion des écoles et enseignons l’objectivité!

    Pour ce qui est de la théologie et des théologiens, ce sont bien les derniers à pouvoir faire une autocritique éclairée. Les minces aspects historiques, anthriopologiques ou sociologiques des textes religieux peuvent très bien être couvert par les autres facultés universitaires.
    Sortons la théologie des université et enseignons la rationalité!

    • Michel Belley dit :

      Pour votre info, quelques livres et conférences critiques données par des théologiens. Les départements de théologie ne servent pas qu’à former des croyants…

      Bernard Lamborelle, étudiant libre à la faculté de Théologie de l’UdM; Quiproquo sur Dieu. http://www.quiproquo.ca/quiproquo/Accueil.html

      Richard Bergeron, théologien, Le cortège des fous de Dieu

      Normand Rousseau, maîtrise en sciences bibliques, La Bible immorale

      André Gagné, théologien, The global impact of religious violence; aussi conférencier à l’AHQ, Comment les évangéliques influencent-ils les élections ?

      Martin Bellerose, théologien, conférencier aux SdQ, La Bible : mythe et réalités?

      Yves Michaud, théologien, plusieurs articles critiques dans le Québec sceptique

  4. David Rand dit :

    Réponse à Michel Belley (2019-07-03 à 21:52)

    Vous dites que “l’astrologie n’est pas dangereuse.” Et bien SI, elle est dangereuse. Si nous accordions à l’astrologie la même déférence, les mêmes privilèges que nous accordons actuellement aux religions, ce serait désastreux. Imaginez un programme obligatoire d’ÉCA (Éthique et culture astrologique) imposé à tous les éléves à tous les niveaux depuis le début du primaire. Imaginez la perte de temps, du temps que les enseignants pourraient utiliser pour améliorer l’apprentissage des sciences, des mathématiques, de l’histoire, etc., mais du temps perdu pour des stupidités comme les astrologies (ou les religions). Imaginez l’endoctrinement astrologique des enfants qui en résulterait. Imaginez un gouvernement dont les député(e)s et les ministres consultent parfois des astrologues avant de prendre des décisions majeures. Imaginez un(e) employé(e) de l’État qui demande un accommodement astrologique, exigeant de prendre congé par une journée particulièrement malchanceuse selon sa carte du ciel. Imaginez un policier ou une policière qui exige d’ajouter à son uniforme un gros logo de son signe astrologique.

    Comble de sottise, vous écrivez que ÉCR serait nécessaire car “En l’absence de toute discussion sur les religions, le fondamentalisme religieux va s’installer de plus en plus.” Franchement, quel aveuglement! Le fondamentalisme religieux s’est déjà installé, et ce, dans le cours ÉCR ! Il a été conçu pour cela, faire le bonheur des intégristes, et cela marche comme cela. Seuls quelques irréductibles Catholiques se plaignent, car ce sont eux qui ont perdu quelques privilèges en ouvrant le cours aux autres religions ; mais tous les autres intégristes y gagnent, trouvant dans ÉCR une visibilité inespérée. C’est ÉCR qui fait la promotion des fondamentalismes.

    Mais la religion, ou plutôt la para-religion qui y gagne le plus, celle au cœur du cours ÉCR, c’est le communautarisme, cette idéologie qui favorisent toutes les religions, surtout leurs variantes les plus pieuses et rigoreuses, cette vache sacrée qui se cache derrière l’euphémisme “multiculturalisme”.

    Je répète : Le programme Éthique et culture religieuse est irréformable. Pour combattre les fondamentalismes, il faut se débarrasser d’ÉCR.

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